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Prendre soin de sa santé sexuelle – Interview de Nadège Pierre

Prendre soin de sa santé sexuelle – Interview de Nadège Pierre

 Interview de Nadège Pierre, psycho-sexologue au « 190 », centre de santé sexuelle

Comment définir la qualité de vie sexuelle ?
C’est quelque chose qui satisfait la personne, selon ses propres critères. L’évaluation est faite par le patient. Ainsi, celui qui vient pour addiction sexuelle consulte quand il se sent débordé par sa sexualité, comme pour n’importe quelle addiction. Il s’agit de toujours respecter le caractère individualisé de la prise en charge.

La peur de la contamination altère l’épanouissement sexuel. Les choses ont elles changées depuis les déclarations Suisses de 2008 (1) ?
Quel impact cela at- il eu sur votre pratique ? La peur de contaminer est toujours présente chez les séropositifs. Je trouve qu’elle est moins présente qu’elle ne l’est chez les séronégatifs. Ils ont une information au « 190 », mais ailleurs, selon les médecins, les avis et recommandations varient encore pas mal.

Avez-vous le sentiment que les personnes séronégatives sont plus ouvertes à ces questions ?
Certains séronégatifs n’ont pas envie d’avoir des rapports protégés. Mais chez mes patients séropositifs, la peur de contaminer est plus forte que le désir d’arrêter le préservatif. Toutefois, ils n’en ont pas envie, ce qui explique en partie l’échec de la prévention comportementale. Faire croire qu’utiliser un préservatif est facile est une erreur en terme de prévention.

Recevez-vous des personnes qui demandent un avis sur l’arrêt ou non du préservatif ?
Je traite peu ces questions-là. En consultation, je n’ai pas de position politique, sociologique, ou morale sur ce sujet. Je travaille sur des aspects individuels. Je peux aider ces personnes quand elles ont tous les éléments du choix, en les questionnant : pourquoi n’arrivent-elles pas à faire le choix de conserver ou d’arrêter le préservatif ?

Les problèmes de sexualité ont-ils des incidences sur les comportements ?
Certains patients ne sont pas à l’aise avec leur comportement, parfois en contradiction avec ce qu’ils pensent. J’adresse parfois des patients à d’autres thérapeutes, spécialistes de la prévention.

Il y a des inconnues autour des effets secondaires des traitements, notamment sur la sexualité. Comment abordez-vous cette question ?
J’ai des patients sous traitement depuis longtemps. Ils ont des érections. Toutefois, l’alcool, le surpoids, les médicaments à long terme ne sont pas des facteurs favorables. Mais c’est beaucoup dans la tête. Quand ils pensent tout le temps au VIH, les patients perdent l’estime d’eux-mêmes et la dépression ne va pas bien avec l’érection.

Est-ce que le VIH interroge la sexologie de manière spécifique ?
On aborde toutes les pratiques sexuelles. Peu de sexologues sont capables d’aborder la sexualité quand elle n’est pas banale. Ils centrent la problématique sur le VIH, l’homosexualité ou sur le fait de coucher à quinze personnes. Je le prends aussi en compte, mais ce n’est pas mon seul prisme et la question n’est pas de savoir si c’est normal ou pas, tant que cela reste dans des cadres légaux.

(1) Vernazza P, Hirschel B, Bernasconi E, et al. Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle. Bull Med Suisses 2008;89:165-9.
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