Accueil du site » Traitements » Gestion des traitements » Stratégies Thérapeutiques » Lu, Vu, Entendu (1e partie)

Attention L'actualité thérapeutique sur le VIH évolue rapidement, il se peut que l'article ci-dessous ne soit plus d'actualité. Merci de tenir compte en priorité des articles les plus récents.

Lu, Vu, Entendu (1e partie)

IT 153 - Octobre 2006

publié le 1er octobre 2006

L ’anti-intégrase MK-0518 aussi efficace que l’éfavirenz chez les patients naïfs de traitement

Les inhibiteurs d’intégrase sont une nouvelle classe d’antirétroviraux en développement, dont le MK-0518, actuellement le plus avancé, a déjà montré son efficacité en phase II chez des patients prétraités.

Dans l’étude de Merck, 198 patients ont été randomisés entre quatre bras avec des doses différentes de MK-0518 (respectivement 100 mg, 200 mg, 400 mg et 600 mg par jour), comparés à un groupe sous efavirenz (Sustiva®). L’ensemble des patients prenaient en outre la lamivudine (Epivir®) et du tenofovir (Viread®).

A 24 semaines, les résultats sont équivalents entre les différents groupes, s’échelonnant entre 85% et 95% de personnes sous MK-0518 ayant atteint une charge virale indétectable (inférieure à 50 copies/ml) selon la dose, contre 92% dans le bras éfavirenz.

"Les réductions de charge virale en-dessous de 50 copies/ml se produisaient plus rapidement chez les patients prenant la combinaison à base de MK-0518 que chez ceux sous éfavirenz", indique le laboratoire. Les chercheurs relèvent par ailleurs une augmentation plus marquée du taux de CD4 parmi les bras MK-0518, entre 139 et 175 cellules/mm3 après 24 semaines, que dans le bras comparateur (112 cellules/mm3).

Aucun effet indésirable important lié directement à la molécule n’est par ailleurs à déplorer. Seul un patient a dû interrompre l’étude en raison d’un taux élevé d’enzymes hépatiques.

Une étude de phase III est actuellement en cours auprès de 345 patients pré-traités prenant 400 mg de MK-0518. Initiée en mars, elle est conduite aux Etats-Unis et en Europe, notamment dans six hôpitaux parisiens.

Source : Communiqué de presse Merck

Serostim® dans le traitement des lipodystrophies...

Les lipodystrophies qui sont l’un des principaux effets indésirables des antirétroviraux se manifestent par une mauvaise répartition des graisses, avec un gain de volume au niveau abdominal (lipohypertrophie), qui peut s’accompagner d’une perte de graisse au niveau des jambes et des cuisses (lipoatrophie).

Plusieurs essais sont en cours pour essayer de freiner ou d’inverser cette tendance. Ainsi, les résultats de phase III montrant l’efficacité de l’hormone de croissance humaine recombinante Serostim® pour réduire les lipodystrophies des patients VIH+ ont été présentés lors de la seizième conférence internationale sur le sida.

L’étude présentée par Carl Grunfeld, du centre médical de l’université de Californie de San Francisco, portait sur 326 patients, dont 81 prenaient un placebo pendant 24 semaines, avant de prendre l’hormone à raison de 4 mg par jour pendant douze semaines.

Les 214 patients du bras verum ( Bras contenant le produit actif) étaient quant à eux mis sous une dose quotidienne de 4 mg pendant 12 semaines (phase d’induction), avant d’être eux-mêmes répartis en deux sous-groupes dont l’un prenait un traitement de maintenance (2 mg d’hormone par jour), tandis que les autres étaient mis sous placebo.

Le protocole délimitait ainsi trois groupes, définis par la prise d’un régime d’induction et de maintenance, du seul régime d’induction ou d’aucun des deux.

Au terme de la phase d’induction, les chercheurs ont observé par tomographie une perte de tissu adipeux viscéral de 32,6 cm2 dans le bras verum contre un gain de 0,5 cm2 dans le groupe placebo. Cet effet s’accompagnait d’une perte des graisses au niveau des membres, ainsi que d’une diminution du cholestérol non-HDL.

La phase de maintenance entraînait une stabilisation de ces pertes, avec une surface de tissu adipeux viscéral diminué de 26,6 cm2 par rapport à l’inclusion. Le bénéfice du traitement d’induction n’était pas aussi bien conservé chez les patients qui s’en étaient tenus à lui, avec une diminution de 10 cm2 par rapport à l’inclusion.

Les effets indésirables, considérés comme faibles à modérés, incluaient en premier lieu des oedèmes périphériques, des arthralgies et des douleurs aux extrémités.

Serostim® n’est disponible qu’aux Etats-Unis, où son indication porte sur les patients VIH+ atteints de cachexie. Le laboratoire avait essuyé en 2003 un refus de la part de l’Agence européenne du médicament (EMEA) de l’homologuer en Europe. 

Source : APM

Maladie et décès en Afrique

Suivre un traitement puissant anti-VIH peut signifier une vie plus longue et plus saine. Mais les individus séropositifs sous traitement antirétroviral courent toujours un risque de décès plus élevé par rapport aux personnes séronégatives. C’est un fait, que ce soit dans les pays riches ou dans les pays à ressources limitées.

Une étude a montré que les patients Africains qui commenceraient un traitement anti-VIH avec un système immunitaire très affaibli (un taux de cellules CD4 en dessous de 50 cellules/mm3, et qui reçoivent leurs soins VIH dans des cliniques qui manquent de ressources, courent un risque plus élevé de décès. Neuf cliniques au Kenya ont participé à cette étude qui a inclus des patients qui ont commencé les antirétroviraux entre 2001 et 2005.

Les chercheurs ont trouvé que les décès se produisaient peu de temps après le début du traitement anti-VIH (en moyenne après seulement 8 semaines) et qu’ils étaient beaucoup plus élevés parmi les individus dont le taux de CD4 était bas (en dessous de 200 cellules/mm3) avant de commencer le traitement. Ils ont aussi trouvé que l’anémie et un taux d’hémoglobine réduit étaient associés avec un risque accru de décès. La mort était également plus probable chez les patients des zones rurales, peut-être parce qu’ils avaient moins accès aux ressources médicales et au personnel médical.

Une recherche sud-africaine présentée à la conférence a également démontré que les patients qui ont eu certaines infections avant de commencer le traitement antirétroviral courent un risque accru de décès. Les chercheurs de Durban ont trouvé que les individus qui ont eu une candidose buccale avant de commencer le traitement anti-VIH étaient 150% plus susceptibles de mourir dans l’année qui suit le début de leur traitement. La candidose buccale est une infection considérée comme légère et qui peut se produire chez les patients dont le taux de CD4 approche jusqu’à 250 cellules/mm3.

Les chercheurs ont également trouvé que les patients qui ont eu une méningite à cryptocoques avant de commencer un traitement antirétroviral courent aussi un risque accru de décès. Cependant, ces recherches ne sont pas vraiment surprenantes puisque cette infection est généralement observée chez les patients dont le taux de CD4 est en dessous de 50 cellules/mm3.

Source : NAM

Résultats à S48 de l’étude KLEAN

Cette étude a pour la première fois comparé le FPV/r (Telzir®/Norvir®)au LPV/r (Kaletra®) chez des patients naïfs d’antirétroviraux. Il s’agit d’une étude de non infériorité internationale multicentrique randomisée. Les patients ont reçu FPV/r ou LPV/r deux fois par jour + ABC/3TC une fois par jour.

Les patients inclus devaient avoir une charge virale (CV) supérieure à 1000 copies /ml (54% avaient une CV initiale supérieure à 100 000 copies/mL) et étaient inclus quel que soit leur taux de CD4 (17% présentaient un taux de CD4 inférieur à 50 cellules/mm3).

L’échec virologique était défini par la non-obtention d’une indétectabilité à moins de 400 copies/ml à S24 ou un rebond virologique confirmé supérieur à 400 copies/mL. Les critères principaux évaluaient le pourcentage de patients présentant une CV indétectable à moins de 400 copies/ml à S48 ainsi que le taux d’arrêts de traitement en raison de la survenue d’effets indésirables.

Au total, 879 patients ont été inclus dans l’étude KLEAN : 37 ans de moyenne d’âge, 11% en stade C de la classification CDC [1], médiane de CV à l’inclusion à 5,07 log10 copies/mL et taux de CD4 à 192 cellules/mm3. 77% des patients ont complété la période d’étude et l’incidence de l’HSR [2] à l’ABC s’établit à 6%.

Le profil de tolérance lipidique a été comparable dans les deux bras de traitement. Les résultats confirment l’hypothèse de départ de non infériorité entre les deux bras. L’analyse du profil de résistance chez les patients en échec virologique n’a montré le développement d’aucune mutation majeure de résistance aux inhibiteurs de la protéase.   Source : www.vivactis-media.com

Notes

[1] CDC : Center for Desease Control

[2] HSR : Réaction d’hyper-sensibilité