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Couples séropositifs

Concevoir un enfant plus simplement ?

(Spécial IAS IT 164 - Septembre 2007)

publié le 1er septembre 2007 • par Odile VERGNOUX

Dans les couples où l’homme est séropositif et la femme séronégative, la procréation sans risque repose en principe essentiellement sur les techniques d’AMP ou procréation médicalement assistée, qui sont longues, compliquées (lavage du sperme), coûteuses et insuffisamment disponibles, les investissements publics n’étant pas à la hauteur des nombreuses demandes de couples sérodifférents.

Dans la réalité, de nombreux couples ont des rapports non protégés (quand l’homme a une charge virale indétectable), dans le but de concevoir un enfant. Les médecins sont mal à l’aise face à cette situation et pour leur donner des conseils, car il est problématique de conseiller à quelqu’un de ne pas utiliser de préservatif : les cas de contaminations sont certainement très rares (le chiffre proposé est de 1/100 000 à 1/million), mais ce risque ne peut être totalement exclu. Et tout conseil engage la responsabilité du médecin, d’autant plus qu’il risque d’être interprété comme une incitation à ne plus avoir que des rapports non protégés…

L’étude pilote présentée par P. Vernazza (St Gall, Suisse) montre de quelle façon il est possible d’accompagner intelligemment ce désir de conception sans les techniques lourdes de l’AMP. Une méthode alternative a été proposée à vingt-deux couples, dont six ont admis avoir déjà eu des rapports non protégés en vue de concevoir.

Vingt-deux ont accepté la stratégie proposée de “réduction des risques”, qui leur était expliquée au cours d’un long entretien : les hommes devaient être sous traitement efficace, avoir une charge virale indétectable dans le plasma et le sperme. Il ne devait pas y avoir d’IST* concomitante chez l’un des partenaires (par exemple, poussée d’herpès, vaginite…).

On conseillait aux couples d’avoir un seul rapport non protégé par cycle, le jour de fertilité maximum dans le cycle féminin (soit 36 heures après le pic de l’hormone LH**).

Et pour augmenter encore la sécurité (ou peut-être pour donner une sécurité “psychologique” supplémentaire), les femmes ont reçu deux doses de tenofovir (Viread®) en prévention du risque d’exposition, avant l’acte sexuel.

Après trois essais de ce type, onze des vingt-et-une femmes ont démarré une grossesse (52 %). Ce nombre est monté à quinze (71 %) dans un délai de dix tentatives, ce qui est remarquable, le tout sans aucune transmission du VIH.

Certes l’échantillon est faible, mais cette méthode alternative semble avoir de l’avenir, même si les questions d’éthique qui entourent cette conception médicalement assistée “version soft” demeurent.

* IST : Infections Sexuellement Transmissibles

** Hormone LH : L’hormone lutéinisante (LH) aussi appelée chez le mâle ICSH (Interstitial Cell Stimulating Hormone) est une hormone produite par les cellules gonadotropes du lobe antérieur de l’hypophyse. C’est l’une des deux gonadotrophines, l’autre étant l’hormone folliculo-stimulante (FSH).