Accueil du site » Vivre avec » Femmes » Une option pleine d’intérêt dans les (...)
Allaiter sous médicaments
IT164 - Septembre 2007 (Spécial IAS )
publié le 30 octobre 2007 • par
C’est très vraisemblablement par un mécanisme similaire (indétectabilité sous traitement de la charge virale dans le lait maternel) que l’on peut envisager une alternative intéressante à l’allaitement artificiel chez les femmes séropositives.
L’allaitement maternel est dans les PVD profondément ancré dans les cultures (avec risque important de stigmatisation envers les mères qui n’allaitent pas). C’est un réel bénéfice pour la santé du nourrisson dans un environnement où l’eau est souvent polluée et à l’origine de gastro-entérites mortelles, mais il constitue aussi un risque important de transmission du VIH (et cela d’autant plus qu’il est souvent prolongé) : un tiers des contaminations de la mère à l’enfant se fait pendant l’allaitement.
Deux études réalisées en Afrique pour évaluer le risque de transmission du VIH quand la mère est traitée efficacement ont donné des résultats très positifs. Dans la première (MITRA Plus en Tanzanie), les femmes ont été mises sous traitement pour la plupart en fin de grossesse, à la semaine 34 environ, et le traitement a été arrêté quand l’enfant était âgé de six mois (441 enfants vivants à cet âge), à la fin de l’allaitement, sauf s’il y avait une indication thérapeutique pour la mère. Moins de 1 % des contaminations se sont produites pendant l’allaitement. Il n’y avait pas de groupe témoin, mais les résultats sont très nettement meilleurs que ceux de nombreuses études où les femmes allaitaient sans traitement.
Dans l’étude AMATA au Rwanda, les femmes acceptant d’entrer dans l’essai avaient le choix entre l’allaitement artificiel ou maternel, et dans les deux cas, elles recevaient un traitement antirétroviral. Seule une femme sur 174 (0,6 %) a transmis le virus pendant l’allaitement ; encore n’avait-elle pas une charge virale indétectable, et y avait-il probablement un problème d’observance au traitement.
Il y a eu un peu plus de décès (6 %) parmi les enfants nourris au biberon que chez ceux nourris au sein (3 %), mais cette différence n’est pas significative. Il faut savoir que dans de nombreuses études en Afrique, la mortalité infantile est plus élevée avec l’allaitement artificiel, mais ce n’était pas évident dans cette étude où les bébés étaient bien suivis et pris en charge rapidement en cas de problème de santé.