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publié le 20 février 2008 • par
Une étude américaine vient d’illustrer combien il est important que médecins et patients adhèrent aux recommandations de prise en charge thérapeutique dans le domaine du VIH
Une étude américaine récemment publiée dans le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes montre que des femmes dont les médecins ont appliqué les recommandations de prise en charge de l’infection à VIH émises par le DHHS1 s’en sortent bien mieux que celles à qui leurs médecins ont prescrit des traitements non recommandés.
Basés à l’Université de Californie-San Francisco, les auteurs de l’étude ont procédé à une analyse rétrospective des dossiers médicaux de plusieurs femmes incluses dans la cohorte WHIS (Women’s Interagency HIV Study)2, en particulier ceux de 217 d’entre elles qui ont commencé une thérapie antirétrovirale entre avril 1998 et octobre 2004.
Ces 217 dossiers médicaux ont été divisés en trois groupes :
patientes à qui les médecins ont prescrit un premier traitement, alors considéré comme « préférable de premier choix » (connu pour avoir une efficacité durable) ou « préférable de deuxième choix » (connu pour une efficacité moins durable et/ou plus d’effets secondaires)
patientes dont les traitements étaient clairement non recommandés
patientes ayant débuté un traitement ignoré par les recommandations.
Pour la plupart des femmes du premier groupe, le traitement a été une association de :
a) deux inhibiteurs nucléosidiques (INTI) et un inhibiteur non nucléosidique (INNTI) de la transcriptase inverse
b) trois INTI
c) deux INTI associés à une antiprotéase.
Les quelques exemples de traitements qui, durant la période observée, étaient déjà non recommandés, et ont néanmoins été prescrits dans le deuxième groupe, font frémir : monothérapies (un seul antirétroviral), bithérapies (deux médicaments), ou associations de produits dont on savait que les interactions étaient problématiques. Parmi les traitements ne figurant pas dans les recommandations, on retrouve, étonnamment, certaines associations de quatre molécules.
Les résultats de l’étude sont impressionnants. La pratique des médecins du premier groupe a eu pour résultat un gain de CD4 d’une moyenne de 181 pour leurs patientes, alors que dans les deuxième et troisième groupes, ce gain a été de 144 et de 21 respectivement. La même tendance est constatée pour la charge virale. Deux ans après avoir débuté leur traitement, 61 % des femmes dont les médecins avaient suivi les recommandations avaient une charge virale indétectable, alors que ce pourcentage était de 56 et de 33 pour les deux autres groupes. Ces résultats sont d’autant plus significatifs que seulement 53 % de l’ensemble des femmes dont les dossiers ont été analysés ont reçu un traitement recommandé par le DHHS.
1 Department of Health and Human Services : équivalent de notre Direction Générale de la Santé
2 WHIS : cohorte multi site et prospective qui a débuté en août 93 et dont l’objectif est d’examiner les facteurs de progression de l’infection à VIH chez les femmes.
Pour accéder à la version originale de cet article, mis en ligne sur ce même site, cliquez ici.
[(En France aussi les experts médicaux, sociaux, associatifs, se réunissent environ tous les deux ans pour produire les recommandations de prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH. Le Rapport qui conclut ces discussions - ou Rapport Yeni - est disponible en ligne sur le site du Groupe interassociatif TRT-5, dont Actions Traitements est membre depuis sa fondation.
Une nouvelle version des recommandations françaises est attendue pour l’été 2008. En attendant, pour accéder au Rapport Yeni 2006, cliquez ici.)]