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publié le 13 juin 2008 • par
Les traitements par antirétroviraux améliorent significativement les taux de réponse d’un premier traitement de la syphilis chez les personnes séropositives.
La syphilis a toujours été et sera toujours une maladie grave. Chez les personnes séropositives, elle est souvent plus grave encore que dans la population générale. En France, 50 % des personnes séropositives auraient, à un moment ou à un autre, été atteintes par la syphilis, ce pourcentage très élevé résultant très probablement de l’abandon du préservatif constaté dès la fin des années 90.
Le traitement de la syphilis – principalement la bonne vieille pénicilline – est le même pour les personnes séronégatives et pour les personnes séropositives. Toutefois, chez ces dernières, la réponse1 à ce traitement peut échouer. Est-ce là un effet de l’immunosuppression entraînée par le VIH ? C’est la question à laquelle des chercheurs de l’Université Johns Hopkins de Baltimore ont récemment tenté de répondre, essayant par la même occasion de déterminer si les combinaisons d’antirétroviraux pouvaient-elles aussi avoir un impact sur l’efficacité du traitement de la syphilis.
L’équipe de Baltimore a examiné les dossiers médicaux de 180 patients séropositifs ayant contracté la syphilis entre 1990 et 2006 (231 cas pour ces 180 patients). La plupart des patients avaient été traités par la pénicilline, et chez 39 % d’entre eux, le traitement contre la syphilis avait échoué (réduction insuffisante des anticorps contre la maladie au cours du traitement, ou réduction suffisante en un premier temps, puis nouvelle augmentation, 30 jours après la fin du traitement)2.
L’étude révèle aussi que ceux des patients qui avaient eu un diagnostic de syphilis à un moment où leurs CD4 étaient inférieurs à 200 ont eu un risque d’échec de traitement anti-syphilis plus élevé que chez les patients ayant des CD4 supérieurs à 200. Par ailleurs, il ressort de l’étude que la prise d’antirétroviraux a eu un impact significatif sur le risque d’échec des traitements contre la syphilis, en diminuant ce dernier de 60 %.
Autre résultat de l’étude : plus l’augmentation des CD4 après l’initiation des antirétroviraux est prononcée, plus la réduction du risque d’échec de traitement de la syphilis est importante.
Les chercheurs qui ont mené cette étude concluent, dans la revue scientifique Clinical Infectious Disease, que des recherches doivent être lancées pour explorer, de manière plus approfondie, les interactions entre le VIH, les traitements antirétroviraux et la syphilis. Á cela, ils ajoutent qu’une « approche agressive » de l’infection à VIH pourrait encore améliorer la réponse au traitement de la syphilis chez les personnes séropositives.
1 Réponse : lorsqu’un traitement fonctionne, on dit que l’organisme de l’individu qui reçoit ce traitement "répond" au traitement.
2 C’est ainsi que l’échec du traitement était défini par les chercheurs. En effet, pour une syphilis, on évalue l’efficacité du traitement en mesurant des anticorps anti syphilis grâce au test VDRL (voir l’article de Info Traitements - février 2008 - en cliquant ici). Si au cours du traitement, ces anticorps ne diminuent pas ou "reviennent" après une réduction temporaire, c’est là le signe que le traitement ne marche pas très bien ou pas du tout.
Pour accéder à l’article - en anglais - dont celui-ci est inspiré, veuillez cliquer ici.