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IT N° 93 - Juin 2001

Le cancer de l’anus : rare ou mal détecté ?

Dossier cancers et VIH (suite du N°92)

publié le 1er juin 2001 • par Pierre-Jean LAMY

Les séropositifs au VIH, particulièrement les gays, sont très exposés au cancer de l’anus mais, on ne retrouve pas de risque accru pour le cancer du pénis.

Ce cancer a des causes multiples et souvent associées, parmi lesquelles on trouve les lésions à papillomavirus.

Selon une étude récente, les gays séropositifs seraient particulièrement exposés à cette pathologie, ce qui pose le problème d’une détection préventive à inclure dans leur suivi médical.

Le cancer épidermoïde de l’anus représente 1 à 2 % des cancers gastro-intestinaux. Les facteurs de prédisposition incluent le tabagisme, les relations sexuelles anales, les inflammations chroniques (fistules ou fissures anales, hémorroïdes, maladie de Crohn) et les infections par les papillomas virus ou les condylomes acuminés. Des facteurs génétiques sont en cause, localisés sur les chromosomes 3 et 11. Les causes de cecancer sont multifactorielles Facteurs environnementaux, infections virales, statut immunitaire et gènes suppresseurs de tumeurs forment le patchwork de l’étiologie de ce cancer. Si une simple inspection de l’anus ou un toucher rectal permettent le plus souvent de faire le diagnostic entre une lésion cancéreuse anale et une lésion bénigne, il semble que dans la pratique, la recherche de ce cancer soit souvent oubliée.

Des anomalies fréquentes

Les gays sont plus souvent traités pour des désordres anorectaux bénins mais sans considération particulière vis à vis du risque de cancer ano-rectal. 131 gays séronégatifs et 69 séropositifs, tous traités pour des pathologies anales bénignes, ont été inclus dans une étude [1] portant sur la recherche de ce cancer. Ils ont subi, outre leur traitement, une cytologie et une biopsie de l’anus ainsi qu’une anoscopie. 60% présentaient une biopsie anormale et 54 % une cytologie pathologique avec des signes de transformation cellulaires précancéreuses. Chez 5 patients (3 %) on retrouva un cancer anal invasif et quatre d’entre eux étaient VIH+ ! La conclusion de l’étude est que le traitement des pathologies anales chez les gays ne doit pas se limiter aux lésions externes et qu’une anoscopie doublée d’une cytologie-biopsie des zones anormales est nécessaire pour ne pas passer à côté d’un cancer.

Le cancer du pénis et le HPV chez les séropositifs au VIH

Très peu de cancer du pénis ont été rapportés [2] chez les sujets VIH+. C’est assez surprenant quand on considère que les cancers de la sphère anogénitale en liaison avec les papillomas virus humains (HPV) sont sur-représentés chez les séropos, hommes ou femmes. On retrouve dans ces rares cas une infection par HPV sous-types 18 ou 16. La thérapeutique classique associe une circoncision avec radiothérapie. Parfois une ablation partielle ou totale de la verge est nécessaire. Le développement de métastases se fait le plus souvent au niveau pulmonaire ou hépatique. C’est malgré tout un cancer de plutôt bon pronostic. Il est à noter que dans la population générale, ce type de cancer est inconnu chez les sujets circoncis à la naissance et qu’il survient plutôt chez les sujets âgés.

Notes

[1] High Prevalence ol Anal Squamous-cell Intraepthelial Lesions and Squamous-Cell Carcinoma in Men Who Have Sex With Men as Seen in a Surgical Practice. Goldstone SE et al . Dis Colon Rectum. 2001 May ;44(5):690-8

[2] Cancer Invest 2001 ;19(3) : 266-72.Aboulafia DM, Gibbons R