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JDH N°5 - Janvier 2001

L’hépatite C en cent questions ... et cent réponses

VHC : une urgence de santé publique

publié le 1er janvier 2001

Un ami, un proche ou vous-même êtes peut-être infecté par le virus de l’hépatite C : vous vous posez des questions. Cet article se propose d’expliquer termes et notions indispensable pour appréhender l’infection à VHC et son contexte.

L’hépatite C est une maladie du foie provoquée par le virus de l’hépatite C ou VHC, virus qu’on retrouve dans le sang de la personne atteinte de cette maladie. L’hépatite C se propage par contact avec le sang d’une personne infectée. Autrement dit,c’est une maladie transmissible par le sang, formule cependant quelque peu maladroite, dans la mesure où, comme pour les maladies sexuellement transmissibles par exemple, c’est le virus responsable de la maladie qui est transmis et non la maladie elle-même.

Comment peut-on savoir qu’une personne est infectée par le VHC ? Le diagnostic d’une infection par le VHC s’effectue au moyen de tests sanguins.

En quoi consistent ces tests ? Il y a, d’une part, la sérologie, test qui consiste à mettre en évidence certains marqueurs [1] biologiques dans le sang de la personne porteuse du virus et, d’autre part, les tests moléculaires ou virologiques qui permettent de déceler certaines parties du virus.

La sérologie ? Ce terme médical désigne des tests dits sérologiques qui permettent de détecter des anticorps [2] dans le sérum [3] d’un individu. Spécifiquement, pour le VHC, on parle de tests de dépistage anti-VHC en référence aux anticorps anti-VHC. Les anticorps sont fabriqués par l’organisme d’une personne contaminée en réponse à la présence du virus. Autrement dit, une personne porteuse du VHC possède systématiquement des anticorps anti-VHC (sauf cas particulier de séroconversion [4] tardive au cours d’une hépatite aiguë ou d’immunodépression [5] importante). Les anticorps sont donc des marqueurs biologiques indirects de la présence du VHC. C’est pourquoi on dit que la sérologie est un test indirect. Une sérologie est positive quand des anticorps anti-VHC sont retrouvés. Dans le cas contraire, elle est négative. Une personne dont la sérologie anti-VHC est positive est donc séropositive pour le VHC. Sinon, elle est séronégative pour le VHC.

Quels sont les tests de dépistage des anticorps anti-VHC ? Le test ELISA (de l’anglais Enzyme Linked ImmunoSorbent Assay) ou EIA (Enzyme ImmunoAssay) permet de détecter les anticorps du VHC. Le test RIBA [6] toujours pour rechercher les anticorps du VHC, peut-être utilisé pour confirmer un test ELISA ou EIA positif. Il faut savoir que la présence d’anticorps anti-VHC ne donne aucune indication quant à l’infection à VHC proprement dite. Elle ne renseigne pas sur le stade de l’infection, car l’hépatite peut être en phase aiguë ou chronique. Plus rarement, elle peut guérir spontanément (moins de 20 % des cas). Pour résumer, la détection d’anticorps anti-VHC témoigne d’un contact avec le virus, mais n’est pas indicative de la présence ou de la persistance du virus (ce qui est pourtant le cas dans près de 90% des infections à VHC). Un autre test est nécessaire pour détecter le virus. Ainsi, les anticorps anti-VHC fournissent la base du diagnostic de l’infection par le VHC.

Peut-on avoir un faux positif en ELISA (un faux test de dépistage anti-VHC positif) ? Oui. Un faux test positif, bien que semblant positif peut être négatif [7]. Cela peut arriver chez les personnes à faible risque comme les donneurs de sang. Il est donc, par conséquent, important de confirmer un test de dépistage anti-VHC positif par un test supplémentaire. La plupart des faux tests positifs se révèlent négatifs lors de tests supplémentaires.

De la même manière, peut-on aussi avoir un faux négatif en ELISA (une sérologie du VHC faussement négative avec ce test) ? Tout à fait. Les gens en phase de primo-infection [8] peuvent ne pas avoir encore développé des taux d’anticorps suffisamment élevés pour pouvoir être mesurés. De plus, pour certaines personnes, la réponse (immune) nécessaire n’est pas suffisante pour que le test marche bien. Pour ces personnes, la PCR doit être considérée.

Les tests moléculaires ou virologiques ont rapport au virus, n’est-ce pas ? Oui. Ils permettent d’établir directement la présence du virus. La PCR (pour Polymerase Chain Reaction), technique d’amplification de l’ARN [9] du VHC - le matériel génétique du virus - est employée à la fois pour détecter et quantifier cet ARN, puis pour déterminer le génome [10] viral. La PCR qualitative. C’est la méthode de détection de l’ARN du VHC. Son seuil de sensibilité s’est considérablement amélioré pour passer aujourd’hui à 100 copies par ml. Une PCR positive signifie que le virus est présent dans l’organisme de la personne. La PCR quantitative. Elle permet de quantifier l’ARN du VHC, c’est-à-dire de mesurer la virémie [11] ou charge virale, autrement dit la quantité de virus circulant dans le sang. La PCR standardisée. Elle permet de déterminer le génotype (génotypage). Une seule PCR positive indique à coup sûr une infection à VHC, car elle est le reflet d’une multiplication du virus dans l’organisme. En revanche, une seule PCR négative ne prouve pas qu’une personne ne soit pas infectée. La multiplication virale peut être trop faible pour être détectable ou avoir lieu là où on ne peut la déceler. Comme dans le foie notamment. Pour résumer, le diagnostic d’une infection par le VHC repose sur la recherche d’anticorps anti-VHC, marqueurs biologiques indirects du VHC, par un test indirect, la sérologie, et la détection de fragments du virus (son ARN), par un test virologique direct.

Qu’est-ce que le génotypage ? Il s’agit de l’analyse qualitative du génome viral. C’est-à-dire la détermination du génotype du virus d’une personne.

Et le sérotypage ? Le sérotypage est une technique sérologique de détermination du génotype (anticorps spécifiques du génotype), alors que le génotypage est une technique moléculaire (de détermination du génotype).

’’Que veut dire ce mot, génotype ? Le mot génotype se rapporte au génome du virus. Il définit le type du génome car le VHC constitue une famille de 6 types viraux majeurs ou génotypes qu’on désigne par des chiffres. On a ainsi le génotype 1, le génotype 2, 3, 4, 5 et 6. Les génotypes les plus répandus en France sont les 1, 2 et 3. Les génotypes 4, 5 et 6 sont peu fréquents. Les génotypes se divisent eux-mêmes en sous-types en fonction du degré de parenté. Et, de la même manière, on attribue une lettre aux sous-types : 1a, 1b, 2a et 3a. Il y a plus de 50 sous-types de VHC.

Et le sérotype ? C’est l’ensemble des caractéristiques antigéniques du VHC permettant de différencier les différentes souches de VHC. La détermination du sérotype consiste à mettre en évidence les différents antigènes du VHC. Les antigènes sont des constituants du virus (protéines). Ils représentent des marqueurs directs du virus. Le VHC en possède plusieurs. Chaque antigène du VHC génère la synthèse d’un anticorps spécifique formant ainsi un système antigène-anticorps.

Est-il nécessaire de connaître le génotype du virus ? Oui. La probabilité de réponse au traitement dépend du génotype. Les patients ayant les génotypes 2 et 3 ont plus de deux fois plus de chance de répondre à la monothérapie d’interféron alpha ou à la bithérapie interféron alpha + ribavirine. De plus, la durée de la bithérapie dépend du génotype. Elle est de 24 semaines pour les patients avec le génotype 2 et 3 et de 48 semaines pour les patients avec le génotype 1. D’ailleurs, une fois le génotype connu, il n’y aura pas à le refaire ; les génotypes ne changent pas pendant l’infection. Les génotypes 1, 4, 5 et 6 sont plus difficiles à traiter avec les thérapies actuelles, mais la gravité spontanée de la maladie hépatique (par exemple progression vers la cirrhose) n’est pas plus importante que pour les génotypes 2 ou 3.

Après avoir été exposé au VHC, combien de temps faut-il pour détecter les anticorps anti-VHC ? Lors d’une infection aiguë par le VHC, les anticorps apparaissent 30 à 90 jours après le contage [12]. Le délai d’apparition des anticorps est compris entre 4 et 17 semaines (délai moyen : 10 semaines) après le contage. De plus, des anticorps anti-VHC peuvent être retrouvés chez 7 personnes sur 10 qui manifestent les premiers symptômes et chez environ 9 personnes sur 10, moins de 3 mois après l’apparition des symptômes : syndrome pseudo-grippal, troubles digestifs, vomissements, nausée, fatigue, ou signes atypiques. Notons au passage que la plupart des personnes infectées par le VHC ne présentent pas de symptômes. Elles sont asymptomatiques.

Après l’exposition au VHC, combien de temps faut-il pour que la PCR soit positive ? La PCR peut détecter du virus moins d’une semaine ou deux après l’infection par le VHC car le pic de charge virale est extrêmement précoce, entre 2 et 5 jours après la contamination.

Quelles sont les personnes qui doivent être dépistées pour l’hépatite C ?
- Celles qui se sont injecté de la drogue, même une seule fois.
- Celles qui ont été traitées par des produits sanguins ou qui ont reçu une transplantation d’organes avant 1991.
- Celles auxquelles il a été notifié qu’elles ont reçu du sang d’un donneur porteur du VHC.
- Celles qui ont eu de nombreuses hémodialyses.
- Celles qui présentent des signes ou des symptômes de maladie du foie (transaminases élevées).
- Les professionnels de santé ayant été exposé à un risque (piqûre d’aiguille ou d’objet vulnérant, éclaboussure de sang dans l’œil) pendant le travail.

- Des enfants nés de mère infectée.

Epidémiologie Schématiquement, 30% des contaminations par le VHC sont dus à la transfusion, 30% à l’usage de drogues par voie intraveineuse et 30% sont d’origine inconnue, mais pourraient en grande partie être dus à des soins médicaux. La toxicomanie par voie intraveineuse est aujourd’hui le principal mode de transmission du VHC. En France, jusqu’à 85% des toxicomanes seraient porteurs du VHC. La prise de drogues par voie nasale - le sniff - est aussi, mais à un degré moindre, susceptible de transmettre le virus. La paille de sniff peut, sur des muqueuses nasales fragilisées ou lésées, avoir été en contact avec du sang contaminé et ainsi propager le VHC.

Où peut-on se faire dépister ? Auprès d’un médecin-généraliste en ville ou d’un CDAG (Consultation de Dépistage Anonyme et Gratuit)

En cas de test anti-VHC positif, que doit-on faire ensuite ? On doit surveiller les transaminases.

Les transaminases ? Les transaminases sont des marqueurs biologiques qui, lorsqu’elles sont élevées, révèlent une souffrance du foie. Elles sont de deux types : les aminotransférases ASAT et ALAT. ASAT pour Aspartate Aminostransférase et ALAT pour Alanine Aminotransférase. Les ASAT sont présentes dans le foie mais aussi dans le cœur, le cerveau, les reins et les muscles. Les ALAT sont présentes essentiellement dans le foie. Leur augmentation est le signe d’une destruction des cellules du foie, les hépatocytes. Le médecin en charge de l’hépatite pourra faire pratiquer une biopsie pour évaluer l’état du foie. Les transaminases. En mourant, les cellules du foie, ou hépatocytes, relâchent de l’ALAT dans la circulation sanguine. Ainsi, des transaminases élevées ou très élevées (hypertransaminasémie) indiquent une atteinte cytolytique (destruction des cellules). Il faut savoir que dans l’hépatite chronique C, les ALAT sont très régulièrement plus élevées que les ASAT. Mais les transaminases reflètent mal l’activité d’une hépatite : hépatite peu, modérément, ou très active. Elles ne rendent pas compte du type ou de la sévérité des lésions et de l’existence ou non d’une fibrose. De plus, elles augmentent de façon importante au cours de l’hépatite chronique active et diminuent graduellement au moment de la cirrhose. Il n’y a aucun rapport entre la charge virale et les transaminases. Dernièrement, la perception - encore très vivace - d’un taux de transaminases ALAT élevé comme reflet de l’activité de la maladie hépatique, a été mise à mal. En effet, on pensait que le degré de fibrose était corrélé à des ALAT plus ou moins élevées. Et qu’inversement, la fibrose était peu étendue lorsque les ALAT étaient peu ou pas augmentées. En fait, il ne s’agit que d’une grossière corrélation. On estime, par exemple, que 20% des sujets présentant des transaminases normales ont des lésions de fibrose non négligeables qui méritent un traitement.

Est-il possible d’avoir des transaminases normales en ayant une hépatite chronique ? Oui. Les transaminases montent et descendent, avec des retours périodiques à la normale ou presque à la normale. On dit qu’elles sont fluctuantes. Quand la fonction hépatique est normale, c’est-à-dire quand les transaminases ne sont pas augmentées, une surveillance tous les 6 ou 12 mois est suffisante. Généralement, les transaminases ALAT sont plus élevées que les ASAT lors d’une infection à VHC.

Les examens pour évaluer l’état du foie ? La palpation peut, dans un premier temps, donner quelques renseignements au médecin : foie douloureux et/ou enflé (hépatomégalie). L’échographie permet de visualiser une stéatose [13] hépatique et parfois de faire le diagnostic d’une cirrhose (dans la moitié des cirrhoses, l’échographie est normale). Elle est également utilisée pour le dépistage des cancers du foie pouvant survenir sur une cirrhose. La ponction biopsie hépatique (PBH), ou plus simplement biopsie, est le seul examen qui détermine les différents types de lésions du foie, leur sévérité et l’activité de l’hépatite. La biopsie n’a pas d’intérêt en cas d’hépatite aiguë.

Propagation du VHC

Comment attrape-t-on le VHC ? Le VHC se propageant principalement par contact direct avec le sang d’une personne contaminée, on peut s’infecter :
- en s’injectant de la drogue alors que la seringue ou le matériel servant à préparer le shoot (petite cuillère, filtre/coton, etc.) ont été souillés par le sang d’une personne contaminée,
- par du sang ou des produits sanguins ou, lors de transplantations, par les organes ou tissus d’un donneur porteur du VHC,
- par du matériel ou des instruments médicaux souillés par du sang contaminé d’une tierce personne lors de séances de dialyse rénale,
- en tant que professionnels de santé en ayant de fréquents contacts avec du sang, comme les infirmières faisant des prises de sang et pouvant se piquer accidentellement avec des aiguilles usagées,
- une mère peut occasionnellement transmettre le virus à son enfant au moment de la naissance (pendant l’accouchement, son sang peut être donné au nouveau-né),
- lors de rapports sexuels avec une personne contaminée par le VHC,
- en partageant des objets de toilette, comme une brosse à dents ou un rasoir par exemple, avec une personne qui est infectée. Contrairement à la peau lésée ou à une muqueuse (l’œil par exemple) la peau intacte est une excellente barrière contre le VHC.

Est-ce que des actes médicaux ou des soins dentaires peuvent être contaminant ? Aujourd’hui les interventions à risque ne devraient plus poser de problèmes grâce à la stérilisation des instruments et du matériel à usage médical. Et à condition bien sûr que le personnel soignant respecte les procédures d’hygiène car par le passé, le VHC a été transmis par du matériel utilisé pour les hémodialyses.

Est-ce que le VHC peut se propager lors des rapports sexuels ? Oui, mais ce mode de transmission est très faible. De l’ordre de 5% seulement. La présence de sang au cours des rapports sexuels : rapports traumatiques, règles, lésions génitales (en particulier l’herpès), etc, majore certainement ce pourcentage.

Est-ce que le VHC passe lors des rapports sexuels oraux ? Il n’y a pas de preuve allant dans ce sens. Une étude française récente vient pourtant de mettre en évidence de l’ARN de VHC dans le sperme d’hommes infectés par le VHC, relançant du même coup le débat de la transmission sexuelle du VHC. Et bien que la quantité de virus retrouvée dans le sperme ne soit pas importante, on peut considérer, à la lumière de cette découverte, que le liquide séminal, le sperme de l’homme et les sécrétions vaginales de la femme constituent des vecteurs potentiels du virus.

Le VHC peut-il se propager au sein d’une famille ? Oui, le VHC peut se propager au sein d’un ménage ou d’une famille, mais cela n’arrive pas souvent. Si cela se produit, c’est probablement dû à l’exposition directe au sang du membre infecté du ménage. Le partage de certains objets à effet personnel comme une brosse à dents ou un rasoir peut expliquer cette transmission intra-familiale.

Quelle est la probabilité d’être contaminé lors d’une transfusion de sang ou de produits sanguins ? De nos jours des tests très sensibles sont utilisés pour tester tous les dons de sang. Ainsi la probabilité d’être infecté lors d’une transfusion est de l’ordre d’une chance sur 100 000 pour chaque unité transfusée.

Doit-on traiter une hépatite C ? Pas systématiquement. La question qui se pose est plutôt, quand doit-on traiter ?

Alors quand traiter ? Dans l’absolu, avant qu’une cirrhose ne se constitue et dans tous les cas quand une biopsie révèle une fibrose importante pouvant évoluer vers la cirrhose.

Qu’est-ce qu’une fibrose et une cirrhose ? Une hépatite chronique active peut, après parfois plusieurs décennies (suivant les cas) déboucher sur une fibrose, qui est une cicatrisation excessive découlant de la réparation par le foie lui-même, de ses tissus qui prennent alors un aspect fibreux. Et une fibrose peut parfois dégénérer en cirrhose, qui est une désorganisation architecturale des lobules [14] hépatiques avec une disposition annulaire de la fibrose autour des nodules de régénération caractéristiques de la cirrhose.

Dispose-t-on d’un traitement prophylactique pour le VHC ? Il n’existe actuellement pas de traitement prophylactique anti-VHC, c’est-à-dire pour prévenir l’infection après une exposition à un risque.

Comment les porteurs du VHC peuvent-ils éviter de le propager à d’autres personnes ?
- Ne pas donner son sang, ses organes ou son sperme.
- Ne pas partager ses objets personnels qui peuvent avoir été en contact avec du sang, comme la brosse à dents, les appareils dentaires, les coupes-ongles ou petits ciseaux et les rasoirs.
- Se mettre des pansements sur toute coupure, entaille et blessure pouvant propager le VHC.

Comment se protége-t-on de l’hépatite C et des maladies transmissibles par contact avec du sang humain ?
- Ne pas s’injecter de drogue. Pour ceux qui le font déjà, ne pas réutiliser ou partager les seringues, les aiguilles ou le matériel nécessaire à la préparation de la drogue (petite cuillère, coton et autres), et se faire vacciner contre les virus de l’hépatite A et B.
- Ne pas emprunter la brosse à dents, le rasoir ou d’autres objets à effet personnel. Ils peuvent avoir été en contact avec du sang contaminé.
- Pour les professionnels de santé, toujours se conformer aux règles de sécurité sanitaire et manipuler avec précaution les aiguilles et les instruments coupants. Se faire vacciner contre l’hépatite B.
- Considérer les risques qui existent si vous envisagez de vous faire tatouer ou de vous faire body-percer (body piercing) car ces pratiques comportent des risques si :
- Les instruments utilisés pour ces pratiques ne sont pas stérilisés,
- Le tatoueur ou la personne qui "perce" ne respecte pas les mesures d’hygiène élémentaires, comme se laver les mains et utiliser des gants jetables.

Quelle attitude adopter avec son partenaire lors des rapports sexuels ? Bien que les rapports sexuels ne présentent qu’un faible risque de transmission du VHC (5%), le préservatif peut permettre d’éliminer tout risque de transmission à son partenaire.

Que peut-on faire pour protéger son foie en cas d’infection chronique C ? Il est recommandé de :
- Ne plus (ou ne pas) consommer d’alcool.
- Consulter son médecinrégulièrement.
- Ne pas prendre de médicaments ou de substances toxiques pour le foie. En cas de doute, demander l’avis de son médecin.
- Se faire vacciner contre le virus de l’hépatite A si le foie est atteint.

Les séropositifs au VHC doivent-ils être vaccinés contre le virus de l’hépatite B ? S’ils font partie d’un groupe à risque pour le virus de l’hépatite B, ils doivent être vaccinés contre ce virus.

Quelles sont les conséquences d’une infection par le VHC ? Pour 100 personnes infectées par le VHC environ :
- 85% développent une infection chronique,
- 70% développent une hépatite chronique active,
- 15% développent une cirrhose 20 à 30 ans après l’hépatite chronique active,
- 5% décéderont de cirrhose ou d’un cancer du foie.

Y a-t-il, en dehors du foie, d’autres atteintes chez les porteurs chroniques du VHC ? Un petit pourcentage de personnes ayant une infection chronique C développe des manifestations dites extra-hépatiques. On pense que ces manifestations sont dues à des désordres du système immunitaire. Ce sont, essentiellement, des glomérulonéphrites [15], des vascularites [16] avec cryoglobulinémies ’ [17] et des porphyries [18] cutanées tardives.

Pourquoi la grande majorité des personnes reste infectée ? Les personnes infectées par le VHC produisent des anticorps à certains fragments du virus - les antigènes -, mais la multiplication rapide du virus (réplication) à l’origine d’une très grande variabilité génétique permet au virus d’échapper aux défenses immunitaires. Ainsi le virus persiste dans l’organisme d’une personne.

Est-ce que certaines personnes peuvent être infectées par différents génotypes ? Oui, on peut être infecté par différents génotypes. Une infection antérieure ne protège pas d’une ré-infection par le même génotype ou d’une surinfection par un génotype différent. Pour la même raison, il n’y a pas de prophylaxie pré- ou post- exposition disponible.

La grossesse et l’allaitement La femme enceinte doit-elle faire l’objet d’un dépistage systématique du VHC ? Non. La femme enceinte ne présente pas plus de risque d’infection à VHC que la femme non enceinte. Le dépistage s’adresse à celle ayant des facteurs de risque pour le VHC.

Quel est le risque de transmission d’une mère VHC positive à son enfant ? Le risque est très faible. Cinq nouveau-nés sur cent sont infectés lors de la naissance. Il n’y a pas de traitement pour prévenir cette transmission. La plupart des nouveau-nés infectés par le VHC au moment de la naissance n’ont pas de symptômes et se portent bien pendant la petite enfance. Cependant, des études sont nécessaires pour déterminer si ces enfants auront des problèmes en grandissant à cause de l’infection. Il n’y a pas de traitement approuvé ou de recommandations officielles pour les nouveau-nés ou les enfants infectés par le VHC. Les enfants ayant des transaminases élevées doivent être référés à un spécialiste.

Doit-on déconseiller à une femme porteuse du VHC d’allaiter son enfant ? Non. Il n’y a pas de preuve qu’allaiter puisse transmettre le VHC. Les mères séropositives au VHC doivent s’abstenir d’allaiter uniquement quand leurs mamelons sont fragilisés ou qu’ils saignent. Les sécrétions humaines comme les larmes, la salive, le colostrum (liquide sécrété par la glande mammaire avant la montée de lait) et le lait maternel ne transmettent pas le virus.

Quand doit-on tester les bébés nés de mère VHC positive pour voir leur statut sérologique ? La recherche d’anticorps anti-VHC chez les enfants ne peut être faite qu’à partir du douzième mois car ceux qui sont transmis par la mère peuvent être présents jusqu’à cette période. S’il est nécessaire de connaître le statut sérologique du bébé, une PCR peut être effectuée lors d’une visite chez le pédiatre à 1 mois ou 2. Par prudence, la PCR n’est pas recommandée avant un an.

Notes

[1] Marqueurs biologiques. Il s’agit ici de marqueurs indirects : les anticorps anti-VHC ou anticorps dirigés contre le VHC

[2] Anticorps. Un virus pénétrant dans l’organisme d’une personne provoque une réponse de son système immunitaire qui tente de l’éliminer. L’organisme de la personne produit alors des anticorps censés neutraliser l’intrus. Mais, dans l’infection à VHC, la multiplication rapide du virus engendre une grande variabilité génétique. Les anticorps sont incapables de neutraliser les nombreux mutants viraux qui apparaissent. Ainsi, dans la très grande majorité des cas (supérieur à 80 %), l’infection devient chronique.

[3] Sérum. Partie liquide du sang débarrassé de certains de ses constituants [les fibrinogènes : protéines intervenant dans la coagulation sanguine, et les cellules sanguines : globules blancs et rouges, plaquettes]. Ainsi, le sérum se prête mieux à certaines analyses

[4] Séroconversion. C’est la période, après la contamination, pendant laquelle les premiers anticorps sont produits

[5] Immunodépression. Baisse de l’immunité pouvant être induite par une maladie (comme le sida par exemple) ou par des traitements pour des greffes ou des transplantations d’organes.

[6] RIBA pour Recombinant ImmunoBlot Assay

[7] les médecins disent une sérologie du VHC faussement positive en test ELISA

[8] Primo-infection. Période - pouvant aller de quelques semaines à plusieurs mois pour l’infection à VHC - pendant laquelle le virus envahit, pour la première fois, l’organisme d’un individu.

[9] ARN du VHC. Le matériel génétique du VHC est sous la forme d’ARN (acide ribonucléique). La détection de l’ARN du VHC reflète la multiplication - les spécialistes emploient le terme de réplication active - du virus. L’ARN trahit donc la présence du virus

[10] Génome viral. Ensemble du matériel génétique du virus

[11] Virémie. Cette mesure s’exprime en million d’équivalent par millilitre de sang ou ME/ml, ce qui correspond à des millions de copies. Ces tests ne sont pas encore standardisés, mais c’est pour bientôt.

[12] Contage. Date de la contamination.

[13] Stéatose hépatique. Accumulation dans le foie d’une certaine catégorie de graisses, les triglycérides

[14] Lobules hépatiques. Le foie est constitué de 4 lobes : droit, gauche, lobe carré au milieu et lobe de Spiegel. Les lobes sont eux-mêmes constitués de petites unités que l’on nomme lobules

[15] Glomérulonéphrites. Maladie touchant les glomérules, unités de filtration des reins

[16] Vascularites. Inflammation de la paroi des vaisseaux sanguins

[17] Cryoglobulinémies. La cryoglobuline est une immunoglobine anormale (protéine du sérum sanguin sécrétée par les plasmocytes issus des lymphocytes B en réaction à un antigène). La cryoglobulinémie est très fréquente, environ 40% des sujets VHC+ en sont atteints, mais la forme grave avec vascularite est très rare (moins de 1%)

[18] Porphyries. Maladie héréditaire due à un trouble de l’hème (fraction non protéique de l’hémoglobine) caractérisée par l’accumulation dans les tissus de substances intermédiaires de cette synthèse, les porphyrines. La porphyrie cutanée tardive se manifeste régulièrement à l’âge adulte, d’où son nom, sous la forme de bulles sur la peau après exposition au soleil. Les troubles sont souvent déclenchés par une maladie du foie

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