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Editorial
InfoTraitements N°192 - Janvier 2010
publié le 7 janvier 2010 • par ,
Que nous réserve 2010 ? Sur le plan thérapeutique, la course aux nouvelles molécules s’est ralentie, l’arsenal étant maintenant de mieux en mieux fourni en produits de nouvelle génération avec des effets indésirables moindres.
Aujourd’hui, les enjeux du traitement dépassent le cadre du soin pour investir le champ de la prévention. En effet, de nouvelles pistes ont vu le jour depuis 2008 et se sont précisées en 2009. La fin de l’année a été marquée par un rapport des autorités sanitaires françaises sur la réduction des risques sexuels [1] qui va peut-être nous orienter vers de nouvelles politiques de prévention. Le dépistage rapide, la réduction des risques, le traitement en prévention, la prophylaxie pré et post-exposition sont autant de nouveaux enjeux qui donneront peut-être un nouveau souffle à une prévention qui en a bien besoin.
Il est dorénavant clair que le message du tout préservatif ne suffit plus et qu’il faut en trouver d’autres qui colleront plus à la réalité du terrain. La recherche sur le VIH va dans ce sens, avec des données et des recommandations qui indiquent un moindre risque de transmission quand on est sous traitement, avec une charge virale bien contrôlée, ce qui vient étayer ces nouvelles approches.
Il est maintenant urgent d’agir, alors que 2009 a vu la recrudescence nette des infections sexuellement transmissibles chez les gays séropositifs, une preuve de plus que même si les personnes infectées négocient le préservatif et le sérochoix (le fait de choisir son partenaire en fonction de sa sérologie positive), elles font face à la vraie vie, une sexualité multi-partenaires étant aussi une sexualité multi-risques. Ainsi, en plus de la syphilis qui a refait surface au début des années 2000, puis la lymphogranulomatose vénérienne (LGV), l’hépatite C arrive en force dans cette population, et nous savons combien elle est plus difficile à prendre en charge (traitement lourd, contraignant, évolution pas toujours favorable).
Alors, plus que jamais, prévention, mais aussi “prévention positive” (celle destinée aux personnes déjà infectées) devront être le nouveau leitmotiv de notre lutte toujours d’actualité. Enlevons donc les vieilles chaussettes de la cheminée, et enfilons des “chaussettes” d’une autre nature…
Bonne année !
[1] Rapport “Réduction des risques sexuels” par France Lert et Gilles Pialoux