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CROI Jour 2

Les anti-CCR5 se suivent mais ne se ressemblent pas...

En direct de la CROI 2010

publié le 17 février 2010 • par Eugène RAYESS

Quelques études ont été présentées ce jour à la CROI. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces molécules sont d’efficacité inégale face au virus de l’immunodéficience humaine.

Le TBR-652, nouvel anti-CCR5 actuellement développé par Tobira Therapeutics pour le traitement de l’infection à VIH, est actuellement en phase IIa. Les données issues de l’essai montrent une relation claire et cohérente entre les concentrations plasmatiques de TBR-652 et l’activité antivirale, et cette molécule et ne requièrera probablement pas l’utilisation concomitante d’un booster. Dans cet essai mené auprès de 54 patients pré-traités infectés par le VIH, on a testé, pendant 10 jours en une prise par jour le TBR-652 en monothérapie. Les résultats obtenus ont confirmé de bonnes propriétés pharmacodynamiques avec une demi-vie de 35 à 40 heures. Une autre étude en double aveugle a testé différents dosages du composé (25 mg, 50 mg, 75 mg, 100 mg, et 150 mg et placebo). Tous les patients étaient prétraités, mais aucun n’avait été préalablement traité avec un antagoniste du CCR5. L’efficacité la plus importante a été observée avec la dose de 75mg. D’autres spécificités présagent d’une possible molécule intéressante, car elle a un effet anti-inflammatoire, pourra être prise en une fois par jour et ne semble pas induire de mutations de résistance. Evidement, ce n’est que le début et la phase IIb ira investiguer un peu plus ce probable nouveau membre de la famille des anti-CCR5. Mais toutes les nouvelles concernant cette famille ne sont pas très bonnes. En effet, le vicriviroc, anti-CCR5 en phase III de développement, n’a pas montré une très bonne efficacité dans deux grandes études chez 800 patients prétraités à qui l’on a administré dans un bras 30mg de vicriviroc en une fois par jour et dans l’autre un placebo, en association avec un traitement optimisé. la tolérance a été bonne, mais à la semaine 48, des proportions similaires de patients dans les deux groupes de traitement avaient atteint une charge virale inférieure à 50 copies/ml : 64% dans les bras vicriviroc et 62% dans le bras placebo. Au niveau de la charge virale, elle est passée en dessous des 400 copies/ml chez respectivement 72% et 71%. En d’autres termes, le vicriviroc n’a pas fait mieux qu’un schéma thérapeutique puissant qui fonctionnait déjà bien. En effet, tout porte à croire qu’avec la nouvelle génération de molécules qui sont arrivées ces dernières années sur le marché, nous arrivons à un seuil d’efficacité difficile à dépasser. Nous ne sommes plus dans la situation où nous n’avions que des molécules de première génération qui étaient moins puissantes...