Accueil du site » Revue de presse » Un lien entre le statut vitaminique (...)
publié le 9 mars 2010 • par
Pittas A G et al. Systematic review : vitamin D and cardiometabolic outcomes. Ann Intern Med 2010 ; 152 : 307-314
Pr Philippe Chanson
Un certain nombre d´arguments plaident pour un effet de la vitamine D sur le risque cardiométabolique (diabète de type 2 et hypertension ou pathologie cardiovasculaire). Deux revues systématiques de la littérature publiées dans Annals of Internal Medicine revoient le rôle de la vitamine D dans la pathologie cardiovasculaire.
La première [1] montre l´association entre le statut vitaminique D (évalué par les effets d´une supplémentation en vitamine D et la concentration en vitamine D) et un certain nombre de données cardio-métaboliques. Treize études observationnelles (correspondant à 14 cohortes) et 18 essais cliniques ont été retenus. Trois des 6 analyses ont rapporté une baisse du risque de survenue d´un diabète dans les groupes ayant le statut vitaminique D supérieur en comparaison du statut vitaminique D inférieur. Huit études n´ont pas trouvé d´effet de la supplémentation en vitamine D sur la glycémie ou la survenue d´un diabète. Dans la méta-analyse de 3 cohortes, les concentrations les plus basses de 25 OH vitamine D étaient associées à la survenue d´une hypertension (risque relatif = 1.8, IC 95 % : 1.3-2.4). Dans une méta-analyse de 10 essais, la supplémentation en vitamine D a réduit de manière non significative la pression artérielle systolique (différence pondérée moyenne = –1.9 mmHg) et n´a pas modifié la pression artérielle diastolique (différence moyenne pondérée = –0.1 mmHg). Les concentrations les plus basses de 25 OH vitamine D étaient associées à la survenue d´une pathologie cardiovasculaire dans 5 des 7 analyses (6 cohortes). Dans 4 essais il n´y avait pas d´effet de la supplémentation en vitamine D sur les événements cardiovasculaires.
Les auteurs concluent donc de cette première étude que l´association entre le statut vitaminique D et les événements cardiovasculaires ou la survenue d´un diabète ou d´une hypertension sont finalement incertains, et que la supplémentation en vitamine D n´a pas d´effet cliniquement significatif sur ces paramètres.
Dans une seconde étude [2] , c´est l´effet de l´association vitamine D/calcium sur le risque cardiovasculaire qui est analysé. Dix-sept études prospectives, randomisées ont été examinées. Cinq études prospectives chez des patients dialysés et une étude dans la population générale ont montré une réduction constante de la mortalité cardiovasculaire chez les adultes recevant une supplémentation en vitamine D. Quatre études prospectives chez des sujets sains n´ont pas trouvé de différence dans l´incidence des événements cardiovasculaires entre ceux qui avaient reçu du calcium ou ceux qui n´en avaient pas reçu. Les résultats, en analyse secondaire, de 8 essais randomisés ont montré une réduction faible, mais non significative, du risque cardiovasculaire (risque relatif poolé = 0.90) avec une supplémentation en vitamine D à des doses modérées ou élevées (environ 1000 U/jour) mais non avec une supplémentation calcique (risque relatif poolé = 1.14, IC = 0.92-1.41) ou avec une combinaison de vitamine D et de calcium (risque relatif poolé = 1.04, IC 0.92-1.18) en comparaison du placebo. Il y a donc des arguments provenant de données limitées pour suggérer qu´une supplémentation en vitamine D à des doses modérées ou élevées pourrait réduire le risque de maladie cardiovasculaire alors que la supplémentation calcique semble avoir des effets cardiovasculaires minimes.
[1] Pittas A G et al. Systematic review : vitamin D and cardiometabolic outcomes. Ann Intern Med 2010 ; 152 : 307-314. Lire l´abstract :
[2] Wang L et al. Systematic review : vitamin D and calcium supplementation in prevention of cardiovascular events. Ann Intern Med 2010 ; 152 : 315-323. Lire l´abstract :