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Respect de la dignité

Dignité humaine, droit fondamental ?

InfoTraitements N°206 - Mars/Avril 2011

publié le 1 نيسان (أبريل) 2011 • بقلم Djilali D.

En plaçant la Dignité des personnes individuelles vivant avec le VIH au cœur des efforts de prévention, le concept de Santé positive, Dignité et Prévention implique un engagement clair au respect des droits des individus. Ce n’est que dans ce cadre que la santé et le bien-être de chaque individu peuvent être correctement protégés et développés.

Quelles sont les bases et les axes de ces réflexions ?

Le Rapport de consultation technique des 27-28 avril 2009, Hammamet, Tunisie2 convient que la « Santé Positive, Dignité et Prévention » est définie par les PVVIH (constat et décision promulguée pour le concept de Prévention Positive).

La « Santé Positive, Dignité et Prévention » est guidée par les valeurs et les principes suivants :

• les PVVIH doivent être des leaders dans la conception, la programmation, la mise en œuvre, la recherche, le suivi et l’évaluation de tous les programmes et politiques qui nous affectent ;

• une approche des Droits Humains est le socle de la « Santé Positive, Dignité et Prévention » ;

• la prévention de la transmission du VIH est une responsabilité partagée par tous les individus, indépendamment du statut sérologique ;

• les droits de santé sexuelle et reproductive doivent être reconnus et exercés par chacun, indépendamment du statut sérologique.

De plus, la « Santé Positive, Dignité et Prévention » nécessite un cadre juridique et politique favorable et protecteur, libre de toute stigmatisation et discrimination qui :

• développe la santé et le bien-être holistique, notamment à travers l’accès équitable aux services de dépistage, de traitement, de soins et soutien volontaires du VIH,

• améliore la santé et le bien-être des PVVIH, contribuant, en retour, à la santé et au bien-être de leurs partenaires, leurs familles et leurs communautés,

• inclue la prise en charge des vulnérabilités psychosociales, économiques, éducatives et socioculturelles, le genre et la sexualité ;

La « Santé Positive, Dignité et Prévention » doit répondre aux besoins des populations clés, respecter les contextes spécifiques et la diversité des PVVIH et s’y adapter.

Comprendre le pourquoi du Respect des Droit Humains et Dignité

Le respect des Droits Humains est un facteur clé pour arrêter la propagation du VIH et réduire le stigma et la discrimination liés au sida : « La réalisation universelle des droits de la personne et des libertés fondamentales est indispensable si l’on veut réduire la vulnérabilité face au VIH/Sida.» [1]

Chacun a droit à la Dignité. « Chacun peut se prévaloir… de tous les droits et de toutes les libertés…sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou autre, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre statut.» [2]

La résolution de 1999 de la Commission sur les Droits de l’Homme déclarait que « la discrimination sur la base du statut VIH réel ou présumé, est interdite par les normes internationales des Droits Humains, et que le terme ‘autres statuts’ dans les textes internationaux des droit de l’Homme devrait être interprété pour couvrir l’état de santé, y compris le VIH.»

Partout dans le monde, l’épidémie de VIH/Sida a eu et a un fort impact et fait ressortir ce qu’il y a de meilleur et de pire chez les individus. Elle déclenche ce qu’il y a de meilleur lorsque les gens se regroupent par solidarité pour combattre le déni des gouvernements, des communautés et des individus, et pour offrir soins et soutien aux personnes vivant avec le VIH. Elle fait ressortir le pire, lorsque les individus sont l’objet de stigmatisation et d’ostracisme de la part de ceux qu’ils aiment, de leur famille et de leur communauté, et de discrimination sur les plans individuel et institutionnel.

La stigmatisation est un processus de production et de reproduction de rapports de force inégaux où des attitudes négatives envers un groupe de personnes, basées sur des attributs particuliers tels que le statut sérologique, le genre, la sexualité ou le comportement, sont créées et entretenues afin de légitimer des groupes dominants dans la société.

La discrimination est une manifestation de la stigmatisation. Elle est constituée de toute forme de distinction, exclusion ou restriction arbitraire, soit par action, soit par omission, basée sur un attribut qui fait l’objet de stigmatisation.

Et dans les faits ?

Les opinions qui véhiculent des préjugés et la stigmatisation conduisent souvent les gens à commettre (ou ne pas commettre) un acte qui prive ou restreint la fourniture de services ou de droits à un autre individu. Par exemple, elles peuvent interdire l’accès aux services de santé à une PVVIH ou la licencier parce qu’elle est séropositive. Il s’agit là de discrimination.

La discrimination survient lorsque l’on fait une distinction à l’égard d’une personne, qui a pour résultat un traitement inéquitable et injuste, sur la base de son appartenance - réelle ou supposée - à un groupe particulier.

De par la stigmatisation et la discrimination liées au VIH, les droits des PVVIH et de leur famille sont souvent bafoués, simplement parce que l’on sait ou que l’on suppose qu’elles sont touchées par le VIH. Cette violation des droits est un obstacle à l’action et accroît l’impact négatif de l’épidémie.

La liberté de ne pas subir de discriminations est un droit humain fondamental basé sur les principes universels et inaliénables de justice naturelle. Les caractéristiques de base des droits de l’homme font qu’ils appartiennent aux individus et s’appliquent à tous les individus où qu’ils se trouvent.

Pour apporter une riposte efficace à la stigmatisation et à la discrimination liées au VIH, il est essentiel :

• que les individus connaissent leurs droits et soient soutenus dans la riposte à la stigmatisation, la discrimination et leurs conséquences (droit à l’information) ;

• que les communautés soient soutenues dans l’examen de la nature et de l’impact de la stigmatisation et de la discrimination et pour jouer un rôle actif dans la prévention et l’élimination de la stigmatisation et de la discrimination;

• que les PVVIH s’engagent dans la sensibilisation à la stigmatisation et la discrimination liées au VIH ;

• que les institutions comme les lieux de travail et les cadres de soins de santé, soient soutenues en vue de promouvoir la non-discrimination à travers des politiques et des programmes efficaces sur le lieu de travail ;

• que les lois et les politiques ne stigmatisent pas les PVVIH et les communautés affectées.

Et dans les actes ?

Des études internationales ont démontré que les PVVIH et les groupes de personnes vulnérables à l’infection continuent de rencontrer de la stigmatisation et de la discrimination dans plusieurs contextes qui s’ajoutent souvent à d’autres formes de discrimination, fondées sur le genre, la race, l’orientation sexuelle, l’usage de drogue, le travail du sexe et la pauvreté.

La non-considération de ces populations contribue à la propagation du VIH et aux difficultés qui l’accompagnent. Elles accroissent les risques de santé (y compris le risque d’infection à VIH) pour les individus déjà aux prises avec d’autres formes de discrimination, découragent leur recours au test du VIH et à des soins de santé, et les privent du soutien et des services sociaux dont ils ont besoin.

La stigmatisation et la discrimination favorisent l’isolement des PVVIH, compromettent le soutien social, entraînent une anxiété personnelle et des risques sociaux liés à la divulgation de la séropositivité, nuisent à la sécurité de logement et d’emploi, et créent des obstacles dans le continuum des soins de santé.

La crainte de la discrimination peut empêcher les gens de demander un traitement ou de reconnaître publiquement leur séropositivité au VIH. On compte nombre d’exemples de personnes infectées, ou présumées infectées, par le VIH qui peuvent être renvoyées des services de soins, on peut leur refuser un logement ou un emploi ; leurs amis et collègues les éviteront peut-être ; elles peuvent se voir refuser une couverture d’assurance ou l’entrée dans des pays étrangers. Dans certains cas, elles peuvent être chassées de chez elles par leur famille, leur conjoint peut demander le divorce, et elles peuvent faire l’objet de violences physiques, pouvant conduire au meurtre. 


États Généraux de la Prévention positive


Les réformes législatives nationales suivantes doivent être adoptées :

• Créer des mesures législatives, budgétaires et des lois anti-discriminatoires (orientation sexuelle, identité du genre, statut sérologique) ;

• Faire progresser les droits de santé sexuelle et reproductive des personnes vivant avec le VIH ;

• Décriminaliser la non-divulgation du VIH, l’exposition au VIH et sa transmission ;

• Garantir le droit au mariage et à la fondation d’une famille, indépendamment du statut sérologique ;

• Faire en sorte que le statut sérologique ne soit pas un argument pertinent dans les décisions relatives au divorce et à la garde des enfants ;

• Veiller aux droits et assurer la confidentialité du statut, à des informations et des soins de santé sexuelle et reproductive adaptés à chaque âge ;

• Divulgation volontaire et sans risque (« créer un environnement de communication franche et d’égalité dans les relations » ;

• Autonomie de l’individu (« c’est-à-dire le choix du moment et de l’opportunité d’initier la thérapie antirétrovirale ») ;

• Compréhension des lois, plaidoyer et activisme ;

• Environnement favorable, notamment des lois protectrices ;

• Responsabilité partagée ;

• Garantir les droits de la femme à la propriété ;

• Reconnaître et poursuivre la violence sexuelle (notamment l’inceste, le mariage forcé/précoce, l’agression sexuelle ou le viol) ;

• L’obligation de respect exige que les États ne discriminent ni directement ni indirectement, en matière de lois, de politiques ou de pratiques.

En 2001, dans sa Déclaration d’engagement sur le VIH/Sida, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré que : « L’opprobre, le silence, la discrimination et la dénégation ainsi que l’absence de confidentialité compromettent les efforts de prévention, de soins et de traitement et aggravent les effets de l’épidémie sur les individus, les familles, les communautés et les nations, et qu’il faut également y remédier ». 

Dans ce contexte, les normes internationales des droits de l’homme et les objectifs concrets de santé publique obligent les États à envisager des mesures qui risquent de prêter à controverse, s’agissant en particulier de la situation des femmes et des enfants, des professionnel (le)s du sexe, des toxicomanes par voie intraveineuse et des hommes ayant des partenaires de sexe masculin (HSH).

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SIDA INFO DROIT au 0810 636 636 Lundi & vendredi de 14 H à 18 H - Mardi de 14 H à 20 H - Mercredi & Jeudi de 16 H à 20 H

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La HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité) au 08 1000 5000 du lundi au vendredi de 8 H à 20 H

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Notes

[1] Rapport de recommandations Suisse : http://www.aids.ch/f/hivpositiv/bez...

[2] Déclaration Universelle des Droits de l’Homme