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Echos de la ligne d’écoute
InfoTraitements N°207 - Mai/Juin 2011
publié le 28 juin 2011 • par
Août 2010. Fin de journée. La femme au téléphone est paniquée. Elle est séropositive, et au cours d’un rapport sexuel il y a à peine une demi-heure, le préservatif de son partenaire s’est rompu.
Elle a déjà entendu dire qu’en pareil cas, elle doit se rendre aux urgences de l’hôpital le plus proche, avec son partenaire.
Aux urgences, va-t-on donner un traitement à son partenaire ? Et ensuite ?
Évidemment, il aurait été préférable qu’ils se rendent dans un service de maladies infectieuses, où l’expérience et les connaissances des médecins sont les meilleures. Mais étant donné l’heure, c’est aux urgences qu’ils seront reçus par un médecin. Celui-ci évaluera le risque pris par le partenaire selon le type de rapport sexuel qu’ils ont eu. La femme devra aussi lui dire quel est son traitement antirétroviral et si celui-ci est efficace : charge virale indétectable ? Depuis combien de temps ? Où en sont ses CD4, etc. ?
Nous invitons l’appelante à partir au plus vite (sans paniquer). Car un TPE est plus efficace dans les quatre heures qui suivent l’exposition au virus (ce qui n’empêche pas qu’il peut débuter au plus tard 48 heures après l’exposition au virus).
L’évaluation de la nécessité d’un TPE est basée sur cette grille :

Si le médecin prescrit un TPE, ce sera, dans la mesure du possible, en tenant compte de l’historique des traitements de l’appelante.
La prescription correspond à un traitement pour 48-96 heures. Ensuite, le partenaire sera revu par un médecin référent VIH qui décidera d’arrêter ou de modifier le TPE selon le contexte (charge virale indétectable de l’appelante, type de rapport sexuel à la rupture du préservatif, effets indésirables des médicaments…) ou de le poursuivre jusqu’à 28 jours.
Dans ce dernier cas, transformé en patient pour 28 jours supplémentaires, le partenaire sera suivi pendant tout le traitement, notamment avec un bilan sanguin au quinzième jour.
Avant qu’elle raccroche, nous tranquillisons l’appelante. Si nous veillons toujours à ne pas nous prendre pour des médecins, nous pressentons que le risque pris par son partenaire est faible…