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Revue de presse
(Femmes&sida, 31aout11)
publié le 1er septembre 2011 • par
La plupart des patients diabétiques séropositifs pour le VIH ont un virus contrôlé par une bonne observance thérapeutique, alors que seule une petite minorité d’entre eux a un diabète équilibré. Le VIH est perçu comme la maladie principale et la plus menaçante. Une meilleure prise de conscience par les patients de l’importance du diabète semble nécessaire afin d’améliorer leur qualité de vie et de réduire la mortalité.
L’étude a inclus les patients vivants, séropositifs pour le VIH, symptomatiques ou non, d’âge supérieur à 18 ans, suivis au CHU de Grenoble et dont l’enregistrement mentionnait un traitement antidiabétique oral ou par insuline en cours. 29 patients sur 748 sujets séropositifs répondaient à ces critères.
Les chercheurs se sont intéressés à :
la prévalence du diabète et à ses facteurs de risque ;
l’observance ;
la qualité de vie des patients.
La prévalence du diabète est de 4 %, donc élevée compte tenu du jeune âge de la population de patients séropositifs traités pour le VIH. Celle-ci serait jusqu’à quatre fois plus élevée que dans la population générale.
La précocité d’apparition et la prévalence élevée s’expliquent par l’insulinorésistance due aux antiviraux (inhibiteurs de protéase de première génération et analogues de la thymidine) et au virus lui-même.
93 % des patients infectés par le VIH et atteints de diabète ont un virus contrôlé alors que l’équilibre du diabète est obtenu pour seulement 22 % d’entre eux.
Les patients infectés par le VIH présentent un diabète moins bien équilibré que la population diabétique générale. La proportion de patients avec une hémoglobine glyquée inférieure à 6,5 % était de 22 % dans la cohorte étudiée contre 32,2 % chez les sujets diabétiques français en 2007.
Les auteurs avancent deux explications à ce phénomène :
le nombre plus élevé de médicaments avec le risque d’interactions médicamenteuses ;
une perception trop banalisée du diabète.
23 % des patients présentaient un défaut d’observance pour l’ensemble des traitements, 8 % pour le traitement antidiabétique seul, et 4 % pour le traitement antiviral seul.
Ce défaut d’observance pourrait s’expliquer par le fait qu’un traitement quotidien a un impact négatif sur la qualité de vie ressentie pour plus de la moitié des patients
La prise d’un traitement quotidien diminuait la qualité de vie pour 64 % des patients. La qualité de vie mentale semblait mieux conservée que la qualité de vie physique, grâce vraisemblablement au suivi rapproché et multidisciplinaire de ces patients.
Optimiser l’observance par l’éducation thérapeutique pourrait améliorer la santé de cette population d’une façon bien plus importante que n’importe quel progrès médical.
Plus de la moitié des patients interrogés perçoit l’infection par le VIH comme leur maladie principale, celle qui menace leur vie.
La séropositivité VIH reste une maladie liée à des productions imaginaires très fortes concernant la mort, le sexe et les modes de jouissance.
L’effectif limité de patients pourrait être à l’origine d’un défaut de précision dans les estimations et un défaut de puissance dans les comparaisons statistiques.
Source
Caroline Henry, Patricia Pavese, Myriam Blanc, José Labarère, Pascale Leclercq, Jean-Paul Brion ;“Infection par le virus de l’immunodéficience humaine et diabète : vécu et qualité de vie des patients confrontés à deux maladies chroniques” ; La Presse Médicale, article sous presse du 9 août 2011