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CROI 2012
publié le 12 mars 2012 • par
En décembre 2011, InfoTraitements rapportait que le dolutégravir, anti-intégrase de nouvelle génération de ViiV HealthCare, était équivalent à l’éfavirenz en termes d’efficacité et de tolérance, selon une étude appelée SPRING-1. De plus, le médicament est connu pour avoir une faible variabilité pharmacocinétique qui ne rend pas nécessaire son accompagnement par un médicament booster comme le ritonavir. De nouveaux résultats de l’étude SPRING-1 sont venus confirmer que ces informations restaient valables dans la durée.
SPRING-1 est une étude de Phase IIb [1] qui a pour objectif d’identifier la dose la plus efficace entraînant le moins possible d’effets secondaires, afin de l’étudier en Phase III, (la véritable étude d’efficacité). Ainsi, les doses étudiées sont de 10, 25 et 50 mg une fois par jour (donc trois bras dans l’étude) avec en plus, pour chaque participant, du Truvada® ou du Kivexa®.
Ces trois doses de dolutégravir sont comparées à un traitement composé lui aussi de Truvada® et Kivexa®, mais avec comme molécule de comparaison, le Sustiva® (encore une prise quotidienne pour l’ensemble de ces produits).
205 personnes n’ayant jamais pris d’antirétroviraux auparavant sont réparties sur les quatre bras de SPRING-1. Le critère d’efficacité défini est celui d’une charge virale de moins de 50 copies/ml. Et si les résultats d’une analyse sur les 48 premières semaines de traitement étaient déjà convaincants, ceux obtenus pour 96 semaines ne le sont pas moins, comme le montre le tableau ci-dessous (pourcentages de personnes ayant atteint et maintenu moins de 50 copies/ml).

Parmi les personnes prenant 50 mg de dolutégravir, il n’y a eu aucun échec virologique. Pour les deux autres doses, il y a eu, d’une manière générale, une suppression virale, avec quelques rebonds de temps à autre puis une re-suppression (événement aussi observé avec Sustiva® mais moins fréquemment). Un phénomène étrange, car entre la 48ème et la 96ème semaine, aucun rebond n’a été constaté.
Concernant la tolérance au dolutégravir, les effets secondaires de grade 1 ou 2 ont été moins fréquents chez les participants qui le prenaient que chez ceux qui étaient sous Sustiva®. D’ailleurs si les arrêts de traitement pour cause d’effets secondaires sont de 10 % pour Sustiva®, ils sont de 3 % pour le dolutégravir. Enfin, si l’on combine les données du traitement par dolutégravir, toutes doses confondues, on constate que l’augmentation des CD4 est légèrement plus forte qu’avec Sustiva® (339 vs. 301).
Il semble donc que c’est la dose de 50 mg qui sera retenue pour les essais d’efficacité à venir.
Dans une autre étude qui visait à évaluer si oui ou non la dose de 50 mg de dolutégravir avait un impact sur les concentrations de rifampicine dans l’organisme (traitement incontournable de la tuberculose connu pour être très sensible à la prise concomitante de certains antirétroviraux qui en font soit augmenter, soit baisser de trop les concentrations), la réponse est qu’à raison de deux prises par jour, elle permet aux niveaux de la rifampicine de rester stables.
[1] Étude de la tolérance mais aussi un début d’évaluation de l’efficacité.