Dès l’arrivée des premières trithérapies efficaces, spécialistes et chercheurs ont cherché à alléger l’impact de ces traitements sur la vie des personnes vivant avec le VIH. Des essais cliniques solides menés ces dernières années permettent maintenant d’envisager l’allègement thérapeutique dans la prise en charge du VIH, sans compromis sur l’efficacité du traitement, mais dans certaines conditions. L’association Actions Traitements fait le point dans une brochure d’information destinée aux personnes vivant avec le VIH, ainsi qu’à celles et ceux qui les accompagnent (entourage et associations) ou qui les prennent en charge (en médecine de ville et à l’hôpital).

25 ans après l’arrivée des trithérapies en 1996, nous assistons à évolution majeure dans le traitement du VIH avec la confirmation de l’efficacité de l’allègement thérapeutique. Alors que la trithérapie en prise quotidienne, est encore la « norme », des essais cliniques ont montré qu’il est possible d’envisager d’autres modalités de traitement. On peut donc réduire l’impact du traitement antirétroviral sur l’organisme et la vie des personnes concernées, en l’allégeant. Autrement dit, on peut agir favorablement et durablement sur la qualité de vie des personnes, en réduisant notamment les effets indésirables et les éventuelles interactions médicamenteuses.

La brochure « L’allègement thérapeutique dans le traitement du VIH : pour qui ? quand ? comment ? » présente les deux stratégies d’allègement qui existent et sont validées par des essais cliniques concluants :

– Soit on réduit le nombre de molécules présentes dans la combinaison antirétrovirale, en passant d’une trithérapie à une bithérapie, donc de trois à deux molécules antirétrovirales, à prendre sept jours sur sept. C’est que nous avons appelé l’allègement thérapeutique « moléculaire ».

– Soit on réduit le nombre de prises du traitement, en passant de sept à cinq voire quatre prises hebdomadaires consécutives. C’est ce que nous avons appelé l’allègement thérapeutique « séquentiel ».

Attention : comme c’est rappelé dans la brochure, la stratégie d’allègement qui consisterait à prendre son traitement un jour sur deux n’est pas recommandée car elle n’a été validée par aucune étude scientifique.

Bon usage du médicament et allègement thérapeutique

Dans un souci de valorisation du bon usage du médicament, y compris dans le cadre de l’allègement thérapeutique, la brochure rappelle deux points importants :

  • Tout le monde ne peut pas bénéficier de l’allègement thérapeutique et avant de l’envisager, le ou la médecin doit étudier l’histoire virologique de la personne : durée depuis laquelle la charge virale est indétectable, survenue de blips, niveau de CD4 le plus bas, résistances antérieures, etc.
  • Il est fortement déconseillé de pratiquer d’allègement « sauvage », c’est-à-dire sans en parler à son médecin. Il est important que chaque décision thérapeutique soit prise en concertation avec son médecin VIH.

Le risque, en cas de mésusage ou de défaut d’observance, serait de voir apparaitre des résistances à certaines molécules si le traitement anti-VIH n’est pas pris correctement dans le cadre de l’allègement. En effet, s’il n’y a pas assez de principe actif dans l’organisme pour bloquer la réplication du virus, celui-ci pourrait devenir résistant, nécessitant un changement de traitement. Les essais cliniques probants sont encore récents et c’est avec intérêt qu’il faudra suivre les résultats du suivi à long terme. Il faut également espérer que la recherche permette et les avancées thérapeutiques permettent de proposer l’allègement thérapeutique au plus grand nombre, quelle que soit l’histoire virologique des personnes.

L’allègement thérapeutique vu par celles et ceux qui le pratiquent ou qui le prescrivent

Actions Traitements s’est déjà intéressée à l’allègement thérapeutique par le passé, notamment à l’occasion d’ateliers d’échange sur les avancées thérapeutiques. L’association propose également, sur sa chaîne YouTube, une interview vidéo du Docteur Pierre De Truchis (Hôpital Raymond Poincaré à Garches) dans laquelle le médecin-chercheur détaille les stratégies d’allègement existantes. L’association porte une attention particulière à la valorisation de la parole des personnes concernées. C’est pourquoi, en amont du congrès de la Société de lutte contre le sida (SFLS) en 2018, elle avait réalisé une enquête sur la perception et les attentes des personnes vivant avec le VIH vis-à-vis de l’allègement thérapeutique.

Cette volonté se retrouve dans la brochure qui présente plusieurs témoignages de personnes vivant avec le VIH afin de valoriser leur vécu et les avantages qu’elles trouvent à bénéficier de l’allègement thérapeutique. En complément, des professionnels de santé témoignent également sur le sujet et sur les raisons qui les ont poussés à en parler en consultation. Enfin, quelques questions/réponses et des informations pratiques viennent compléter la brochure.

Où trouver la brochure « L’allègement thérapeutique dans le traitement du VIH » ?

Vous pouvez commander gratuitement la brochure « L’allègement thérapeutique dans le traitement du VIH » sur notre site internet https://www.actions-traitements.org/commande/ ou la télécharger au format PDF.

Pour toute question, sur l’allègement thérapeutique ou un autre sujet, notre ligne d’écoute est ouverte du lundi au jeudi de 15H à 18H au 01 43 67 00 00. Les lecteurs et lectrices de la brochure sont également invitées à évaluer cet outil d’information thérapeutique, en remplissant le formulaire d’évaluation prévu à cet effet.

Grâce à notre partenaire, l’ENIPSE, cette brochure est également disponible dans les bars, saunas, cruising clubs et lieux de convivialité gays partout en France.