Qu'est-ce que le VIH ?

Co-infection

La co-infection VIH/Hépatites

Le mot « hépatite » désigne une inflammation du foie qui, dans la durée, peut entraîner la dégradation, voire, rarement, sa destruction. Le foie est un organe vital dont la fonction principale est de permettre le passage des éléments nutritifs de nos aliments et curatifs de nos médicaments dans la circulation sanguine, de stocker l’énergie et de la libérer selon nos besoins. Le foie est aussi un « filtre » qui élimine les déchets du sang, et un producteur de certains éléments essentiels au bon fonctionnement de notre système immunitaire et à la coagulation du sang.

Les hépatites peuvent être causées par la consommation de substances comme l’alcool et de certains médicaments ou drogues. Mais ce sont des virus qui sont responsables des formes les plus fréquentes d’hépatites. Ces virus ciblent principalement le foie et sont désignés par les lettres A, B, C, D, E, F et G. On parle donc de VHA (virus de l’hépatite A), VHB (virus de l’hépatite B), VHC (virus de l’hépatite C), etc.

Les personnes vivant avec le VIH sont plus touchées par les infections à hépatites (VHA, VHB, VHC et le VHD) que la population générale. En effet, le système immunitaire étant fragilisé par le VIH, il est ainsi moins à même de protéger contre les hépatites ou autres maladies sexuellement transmissibles. Quand on vit avec le VIH, il est fortement conseillé de se faire dépister régulièrement afin de se faire vacciner (contre le VHA et le VHB) ou soigner quand cela est possible.

Pour en savoir plus, consultez le guide Le VIH et les hépatites disponible ici en intégralité ou visitez le site web de NAM Aidsmap, association de lutte contre le VIH, à l’adresse http://www.aidsmap.com.

L’hépatite A (VHA)

L’hépatite A se transmet par contact avec des selles humaines infectées. Certains aliments, l’eau et les glaçons sont des voies de contamination courantes dans certains pays, mais l’hépatite A peut aussi se transmettre au cours des rapports sexuels, en particulier par le biais des contacts entre la bouche et l’anus.

L’hépatite A provoque une maladie à court terme (ou aiguë), qui dure habituellement de dix à quatorze jours, se traduisant par une forte fièvre, des troubles digestifs et un jaunissement de la peau. En général, les personnes atteintes se rétablissent bien sans traitement. Il est cependant possible que les personnes séropositives atteintes d’hépatite A soient malades plus longtemps que les personnes séronégatives. De même, certains cas graves (hépatite fulminante) peuvent nécessiter une transplantation du foie en urgence. Si vous n’avez jamais eu l’hépatite A, il est recommandé de vous faire dépister et ensuite vacciner. Par ailleurs, une fois que l’on a eu l’hépatite A, on ne peut plus la contracter à nouveau.

L’hépatite B (VHB)

Le virus de l’hépatite B (VHB) est une infection qui peut provoquer des lésions graves du foie si le VHB n’est pas dépisté et l’hépatite non traitée. En général, on s’en rend compte à un moment donné, mais parfois un cancer peut déjà être déclaré. C’est une infection très répandue dans le monde entier, en particulier en Afrique, dans le sous-continent indien, et en Asie en général.
Les personnes vivant avec le VIH sont plus sensibles à l’infection à hépatite B, car le virus se transmet de façon semblable au VIH, en particulier par les contacts avec les sécrétions de l’organisme tels que le sang, le sperme et les sécrétions vaginales, et de la mère à l’enfant pendant la grossesse. Les personnes séropositives sont aussi moins susceptibles d’éliminer le virus et ont donc plus de risque de devenir porteuses chroniques. C’est-à-dire qu’elles continueront à être contagieuses et peuvent développer des troubles hépatiques chroniques et graves (un jaunissement de la peau, des troubles digestifs, des douleurs articulaires, etc.), ainsi qu’un risque accru de développer un cancer du foie (carcinome hépatocellulaire).
Tout comme avec le VIH, on peut réduire ses risques d’infection, notamment en se faisant vacciner et en utilisant des moyens de protection adaptés (préservatif, kit d’injection à usage unique…). Il est par ailleurs recommandé aux personnes vivant avec le VIH de se faire vacciner contre l’hépatite B.

Traitement de l’hépatite B
Il est important de rappeler que dans environ 90 % des cas, l’hépatite B guérit spontanément et ne nécessite pas de traitement. Pour les 10 % restants, le traitement permet de bloquer la réplication du virus afin de contrôler la charge virale. L’objectif est de réduire l’inflammation du foie, de ralentir ou d’empêcher durablement l’évolution de la fibrose et donc d’éviter la survenue d’une cirrhose ou d’un cancer.
Parmi les médicaments disponibles, l’interféron présente une efficacité limitée car il ne permet la guérison que dans 10 à 15 % des cas. Bien qu’il soit mieux toléré que lorsqu’il est utilisé en association avec la ribavirine (pour le traitement de l’hépatite C), ce traitement présente toutefois certains effets indésirables et il ne peut pas être utilisé en cas de co-infection VIH + VHB.
Le virus de l’hépatite B est ce qu’on appelle un rétrovirus, comme le VIH. C’est pourquoi certains médicaments sont utilisés pour traiter ces deux virus. C’est le cas des nucléosides (ou nucléotides) comme ténofovir, entécavir, lamivudine ou emtricitabine. Ces traitements, globalement très bien tolérés, permettent de contenir et de ralentir l’évolution de la fibrose dans le cadre de l’hépatite B chronique. Toutefois, aujourd’hui, on ne guérit pas de l’hépatite B avec ces traitements.
Le type de traitement que vous recevrez dépendra de la façon dont le VIH et l’hépatite B affectent votre santé. Quel que soit le traitement, il est important de le prendre correctement, parce que le fait d’oublier de temps en temps peut permettre au virus de « reprendre le dessus » sur le traitement, ce qui le rendrait résistant au médicament. Il est également important de le prendre tous les jours à heure fixe, pour avoir toujours le même intervalle entre deux prises.
Pour en savoir plus sur votre traitement et ses effets indésirables possibles, vous pouvez :
vous rendre sur la plateforme SOS Hépatites ;
commander l’infocarte Entécavir sur notre plateforme de commande.

L’hépatite C (VHC)

Le virus de l’hépatite C (VHC) est la deuxième hépatite la plus répandue au monde après l’hépatite B. À ce jour, les génotypes 1 à 6 et de nombreux sous-types du VHC ont été identifiés. Le génotype 1 est prédominant en France (58 %). Le génotype 4 est en augmentation et notamment majoritaire dans les transmissions du VHC par voie sexuelle chez les hommes qui ont des rapports avec des hommes. Contrairement au VIH, le VHC est un virus très résistant à l’air libre (jusqu’à plusieurs mois). Il se transmet par contact avec du sang infecté, principalement par voies sanguine, nasale ou sexuelle, mais aussi via des objets du quotidien (rasoir, brosses à dents, jouets sexuels, etc.). Dans 80 % des cas, l’infection initiale est asymptomatique. Toutefois, peu de personnes guérissent par elles-mêmes du VHC. On estime que l’hépatite C devient chronique dans 50 à 90 % des cas.
La phase chronique de l’hépatite C peut rester « silencieuse » pendant des années. Ce qui ne signifie pas que le VHC reste inactif : il peut au contraire provoquer des lésions du foie et en rigidifier les tissus (on parle de fibrose). Il peut aussi toucher d’autres organes que le foie, par exemple la peau. À terme, le VHC finit par être responsable de cirrhoses et de cancers du foie. Aucun vaccin contre le VHC n’ayant encore été développé, il faut se protéger du virus en évitant de se retrouver dans les situations décrites ci-dessus. Mais contrairement au VIH, on peut guérir du VHC, contre lequel il existe des traitements courts et provoquant très peu d’effets secondaires.
Vivre avec une co-infection VIH-VHC implique un suivi médical attentif, car en s’attaquant au foie, ces virus complexifient le traitement et la prise en charge des maladies. Le dépistage du VHC doit être inclus dans le premier bilan de toute personne qui découvre sa séropositivité au VIH, afin de ne pas manquer l’opportunité de prendre en charge une hépatite C si elle est présente. S’il est négatif, ce dépistage doit être répété au moins annuellement pour toute personne considérée comme exposée au risque d’infection par le VHC (usagers de drogues, hommes ayant des rapports avec des hommes, détenus).

Traitement de l’hépatite C
L’hépatite C peut parfois guérir spontanément, mais seulement dans environ 20 % des cas, et dans ce cas elle ne nécessite pas de traitement. Pour les 80 % restants, le traitement permet de bloquer la réplication virale. Les traitements oraux disponibles depuis 2014, antiviraux à action directe (AAD), permettent d’envisager une guérison complète en deux à trois mois de cure.
Attention : ce n’est pas parce qu’on peut guérir d’une hépatite C qu’on ne peut plus être contaminé et en avoir une autre. Les recontaminations sont toujours possibles, mieux vaut se renseigner sur les moyens de prévention.
Plusieurs traitements sont disponibles contre le virus de l’hépatite C dont l’efficacité est supérieure à 90 %. Il s’agit notamment des antiviraux à action directe (AAD). Le choix du traitement le plus adapté se fait en fonction du génotype, du stade de fibrose, et en tenant compte aussi les spécificités (co-infection VIH/VHC, surpoids, diabète, problèmes rénaux, addictions, autres traitements en cours…).

AFFICHE AAD à mettre ici

Traitement en cas de co-infection VIH-VHC
Le traitement contre le VIH peut être pris en même temps que celui de l’hépatite C. Il n’est pas recommandé d’arrêter le traitement antirétroviral pour introduire le traitement de l’hépatite C. Il est recommandé d’évaluer les interactions entre les molécules du traitement VHC avec les antirétroviraux. Le traitement du VHC et les doses sont les mêmes que pour un mono-infecté VHC. Cependant, les interactions médicamenteuses peuvent influencer le choix des AAD et, plus rarement, les posologies de certains AAD.
Il est parfois nécessaire de modifier le traitement antirétroviral pour éviter les interactions médicamenteuses avec le traitement anti-VHC. Dans certains cas, l’association des deux traitements peut augmenter les effets secondaires. La décision de traiter votre hépatite C sera donc discutée avec vous, mais compte tenu d’une évolution plus rapide de la fibrose chez les personnes infectées par le VIH, le traitement anti-VHC est largement recommandé.

Pour en savoir plus sur votre traitement et ses effets indésirables possibles, vous pouvez :
vous rendre sur la plateforme SOS Hépatites ;
commander les infocartes des traitements anti-VHC sur notre plateforme de commande.