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Coronavirus : les personnes vivant avec le VIH doivent-elles s’inquiéter ?

Le 13 mars 2020

source : tetu

Face au coronavirus, la grande majorité des personnes vivant avec le VIH ne sont pas plus fragiles que les autres, à condition qu’elles ne soient pas immunodéprimées, ou ne souffrent pas d’une maladie associée.

L’épidémie de coronavirus s’étend en France. Selon le bilan communiqué mercredi soir, le virus a causé la mort de 48 personnes, et 2.281 cas sont confirmés. Alors que plusieurs études tentent de dresser le portrait robot des « personnes à risques », le virus est-il une menace pour les personnes vivant avec le VIH ? La comparaison fréquente du virus avec la grippe, contre laquelle les personnes séropositives- au même titre que les personnes âgées ou les gens qui ont une maladie chronique – sont vivement encouragées à se vacciner, pourrait en tout cas le laisser penser.

Pour autant, Marc Dixneuf, directeur général de Aides,  se veut rassurant. Dans la très grande majorité des cas, le coronavirus n’est pas plus dangereux pour une personne séropositive que pour une autre personne, si la charge virale est indétectable et qu’il n’y a pas d’autre pathologie intercurrente [une maladie qui vient s’ajouter au VIH]”. Pour rappel, la charge virale est aujourd’hui considérée comme indétectable s’il y a moins de 40 à 50 copies du virus par millilitre de sang.

Pas de surrisque

Si les porteurs du VIH ont bonne fonction immunitaire, il n’y aurait donc pas de risque de contamination ou d’aggravation en cas de contamination par le coronavirus qui soit supérieur à celui des personnes en bonne santé. Radia Djebbar ajoute que “pour les personnes infectées par le VIH avec un taux de CD4 supérieur à 200/mm3, il n’y a pas de recommandation particulière. Il n’y a pas plus de risque de contamination ni de complication.

Le taux de CD4 est un marqueur de la santé du système immunitaire pour les porteurs du VIH. Si ce marqueur ainsi que celui de la charge virale sont bons, il n’y a donc pas d’inquiétude supplémentaire à avoir. “Il faut surtout dire aux gens qui ont un traitement qui marche, qui ont de bons CD4, qu’il il n’y a pas de surrisque, ni de contamination, ni de complication. On a en France plus de 80% des porteurs du VIH qui sont dans cette situation”, insiste-t-elle. 

 

Dominique Salmon-Ceron, spécialiste en maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Hôtel Dieu et à l’hôpital Cochin, ajoute que “un petit pourcentage des porteurs du VIH ont une immunodépression soit parce qu’ils ne sont pas traités, soit sont en échec thérapeutique, ou viennent de débuter un traitement. Ceux là doivent être plus vigilants. Peut-être qu’il y a un surrisque pour eux. Sans certitude pour le moment, mais c’est de la prudence.

Consignes similaires

Coordinatrice médicale à Sida Info Service, le docteur Radia Djebbar apporte aussi son expertise médicale aux écoutants qui répondent aux questions concernant le VIH/sida. Au cours du dernier mois, son équipe été appelée 93 fois pour des question concernant le coronavirus. Parmi ces appels, 70 personnes vivant avec le VIH ont téléphoné pour savoir si elles encourent des risques particuliers. Elle prévient que “comme toutes les personnes fragiles, les personnes infectées par le VIH qui ont d’autres maladies, comme une insuffisance respiratoire, du diabète, de la tension artérielle ou des problèmes cardiaques, il y a un risque plus important de contagion et de contamination. Si en plus de cela, le taux de CD4 est bas, les risques pour le malade sont plus importants.

Radia Djebbar précise que dans ce cas, “le plus important est qu’ils évitent d’être dans des rassemblements, même ceux qui comportent moins de 1000 personnes.” Sinon, les consignes sont les mêmes que pour le reste de la population à savoir :

  • se laver les mains très régulièrement
  • tousser ou éternuer dans son coude
  • utiliser un mouchoir à usage unique puis le jeter
  • saluer sans se serrer la main et éviter les embrassades
  • éviter les atmosphères confinées

Eviter les rapports sexuels ?

Ces consignes vont dans le sens des recommandations faites par la direction générale de la santé pour qui : “Il y a une mise en garde et des précautions particulières pour les personnes fragiles et âgées. Mais pas de recommandations particulières pour les personnes atteintes du VIH. Elles font partie des personnes fragiles comme toutes les personnes qui ont des pathologies. Ces personnes vulnérables sont à protéger.” Ces consignes sont efficaces pour ne pas attraper le coronavirus, mais aussi pour ne pas le diffuser, elles valent donc pour tout un chacun, et plus encore les proches de personnes fragiles. Les personnes malades doivent quant à elles rester chez elles, et porter un masque chirurgical en présence des autres.

Le coronavirus s’attrape “par les gouttelettes quand quelqu’un parle ou tousse. Celles-ci se déposent également sur les objets, et si une personne passe sa main et porte ensuite à sa bouche ou son nez, elle peut se contaminer.” Les rapports sexuels peuvent donc favoriser la propagation du coronavirus, par la proximité des corps. “Ce n’est pas la relation sexuelle en soi qui est contagieuse. C’est la proximité de deux personnes. Si une est contaminée, elle peut transmettre des gouttelettes.”, précise la coordinatrice médicale. Comme avec la grippe, on évitera donc de montrer un peu trop son affection s’il y a des doutes sur la santé de son ou sa partenaire. Au moins jusqu’à ce qu’on soit fixé sur sa contamination ou non au coronavirus.

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