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Fonds Mondial : « Il est urgent d’agir contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme ». L’appel de près de 200 personnalités

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Source : Le JDD

TRIBUNE – En amont de la 7e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, près de 200 personnalités internationales, dont l’ancien sportif Yannick Noah, la présidente du Sidaction Françoise Barré-Sinoussi ou encore l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem, directrice pour la France de l’ONG ONE, appellent les États « à augmenter considérablement leurs contributions » pour éradiquer ces maladies.

La tribune : « Il y a 20 ans, les menaces et la létalité du VIH/sida, la tuberculose et le paludisme semblaient inéluctables. L’épidémie de VIH/sida venait de connaître son pic historique d’incidence avec 3,3 millions de nouveaux cas en 1997 et s’apprêtait à vivre son année la plus meurtrière en 2004 avec 3,1 millions de morts. Sans les efforts internationaux, depuis 2000, la tuberculose aurait fait 66 millions de victimes et 1,7 milliard de cas de paludisme n’auraient pas pu être évités.

Pour répondre à cette situation alarmante, la communauté internationale s’est associée à la société civile, aux communautés et au secteur privé afin de mettre sur pied le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, avec l’objectif de canaliser les ressources de la planète pour investir stratégiquement dans des programmes visant à mettre un terme définitif à ces trois maladies. Grâce à cet élan de solidarité, en 20 ans, dans les pays où il investit, le Fonds mondial a permis de sauver 44 millions de vies, et d’abaisser la mortalité des trois maladies de 40 %, de faire passer la couverture antirétrovirale de 4 % en 2005 à 73 % en 2020 et de diminuer le nombre de décès imputables au paludisme de 26 % entre 2002 et 2020.

La lutte n’est pas gagnée et beaucoup reste à faire pour que ces trois maladies soient des reliques du passé

Néanmoins, la lutte n’est pas gagnée et beaucoup reste à faire pour que ces trois maladies soient des reliques du passé. Près de 38 millions de personnes vivent encore avec le VIH et 700 000 en sont mortes en 2020. Le paludisme sévit encore dans 87 pays dans le monde avec plus de 3 milliards de personnes exposées à cette maladie. En 2020, la tuberculose a provoqué le décès de 1,5 million de personnes, ce qui en fait la deuxième maladie infectieuse la plus meurtrière, juste après le Covid-19.

Encore plus alarmant, l’émergence de la pandémie de Covid-19 menace les progrès obtenus ces 20 dernières années et fait craindre des reculs majeurs pour le futur. En 2020, le Fonds mondial a enregistré une chute de 22% des dépistages au VIH, une baisse de 18% des personnes traitées pour la tuberculose et une stagnation des efforts de la lutte contre le paludisme. En plus des risques liés à la crise sanitaire, les obstacles sont encore nombreux : l’accès limité aux médicaments de qualité et à moindre coût, le poids encore lourd des discriminations et de la stigmatisation, l’absence de reconnaissance et de valorisation du travail des agents de santé communautaire (ASC), les ressources limitées des organisations de la société civile pour atteindre les populations les plus vulnérables ou encore l’accès limité aux parcours de soin sont autant de freins qui restent encore à lever. Il y a urgence, et l’heure doit être à l’action.

Découvrez la suite de la tribune et la liste des signataires sur le site : Le JDD
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