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En Ile-de-France, chaque année, 2650 personnes découvrent leur séropositivité

Le 12 juin 2019

Source : leparisien.fr

 

La propagation du VIH reste préoccupante en Ile-de-France. Pour y remédier, l’agence régionale de santé multiplie les initiatives, comme la 1e semaine de dépistage, qui débute ce mardi.

L’idée de la 1re Semaine régionale de dépistage du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable de l’apparition du sida, organisée du 11 au 15 juin, est partie d’un constat. Triste, mais implacable. « L’épidémie résiste au niveau local. Les campagnes nationales ne suffisent pas, indique Aurélien Rousseau, le directeur général de l’Agence régionale de Santé (ARS). Au regard de la situation en Ile-de-France, il y a vraiment du sens à organiser cette semaine de dépistage. »

Pour ce faire, la Coordination régionale de lutte contre l’infection du VIH (COREVIH), bras armé de l’ARS, mobilise ses moyens. Cela passe notamment par l’ouverture de la trentaine de Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), présents en Ile-de-France. De même, des tests rapides d’orientation diagnostics (TROD) sont mis en œuvre par des associations dans les lieux publics, les gares, les rues ou parfois même dans des lieux identifiés comme prisés des adeptes des rencontres furtives. Cette méthode fiable – une simple piqûre au bout du doigt – a permis de produire 27 000 tests en 2017, selon des données de l’ARS.

Quel est le profil de la personne atteinte de la maladie dans la région ? « Il s’agit plutôt d’un homme, qui habite à Paris, en petite couronne ou dans des zones fortement urbanisées. Ce sont principalement des individus âgés de 25 à 50 ans avec, cependant, une augmentation, assez inquiétante, chez les 15-24 ans », précise Luc Ginot, directeur de la Promotion de la Santé et chargé de ce sujet à l’ARS. Selon l’agence, 50 000 personnes sont suivies pour cette affection dans la région et, environ 2 650 nouveaux cas sont découverts chaque année.

10 000 Franciliens porteurs du virus sans le savoir

L’inquiétude porte sur les 10 000 Franciliens, qui seraient porteurs de la maladie sans le savoir, se privant d’un traitement efficace tout en risquant de la propager. L’ARS estime ainsi que 28 % des séropositifs découvrent leur mal à un stade déjà très avancé.

« L’épidémie atteint un plancher que nous avons du mal à abaisser depuis quelques années. Seul un dépistage précoce permet de traiter très vite et d’éviter de contaminer d’autres personnes », précise Luc Ginot, parlant de la lutte contre le VIH comme une « priorité » de l’ARS. « Au-delà de la question du dépistage, nous menons aussi une prévention diversifiée qui marche bien. Elle passe notamment par des techniques qui permettent de prendre un médicament avant un rapport à risque », ajoute le directeur, qui salue la mobilisation associative et militante. « Elle nous apprend beaucoup et, sans elle, nos actions n’auraient pas la même portée », insiste-t-il.

« AVEC LE TEST RAPIDE, LE RÉSULTAT EST IMMÉDIAT »

A en juger par l’attente, l’action de prévention proposée ce jeudi-là devant la gare de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) est déjà une réussite. Dans la file, on trouve des hommes, des femmes, de tous les âges et visiblement de tous les statuts socioprofessionnels, venus profiter de cette opération, préambule à la première semaine du dépistage en Île-de-France.

Pour l’occasion, la communauté d’agglomération Marne-et-Gondoire, à l’origine de cette initiative, a fait sortir de ses murs le centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) du Grand Hôpital de l’est francilien, à Jossigny, pour toucher un large public à cette heure de grand passage. « La procédure de l’hôpital se déplace avec deux médecins, deux infirmières et une secrétaire médicale. La prise de sang permet de détecter aussi bien le VIH que les hépatites et la syphilis », souligne Céline, l’infirmière médicale.

Les résultats seront disponibles une semaine après, même heure, même endroit. « Des gens ne savent pas qu’on existe et que le dépistage est anonyme et gratuit, reprend l’infirmière. Beaucoup pensent qu’il faut un rendez-vous chez le médecin, une ordonnance et se rendre au laboratoire. Et ici, on accepte aussi les mineurs. »

L’association Aides proposait en parallèle des tests rapides d’orientation diagnostic (Trod) pour détecter uniquement le VIH. Sur le même principe que le diabète, il s’agit de piquer le doigt pour récolter une goutte de sang. « Le résultat est immédiat mais il faut compter une quinzaine de minutes avec l’entretien préalable, souligne Vincent Coquelin, responsable d’Aides en Seine-et-Marne. On anticipe un peu s’il s’avérait positif. Un résultat positif doit être confirmé par une prise de sang. »

Ce n’est pas arrivé ce jour-là. « Un passant se rendait malade depuis huit mois, après plusieurs conduites à risques et le test rapide s’est révélé négatif » rapporte Vincent Coquelin, certain de l’intérêt de telles actions.

 

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