8 mars : girl power ! (Journée internationale des droits des femmes)

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Source : SERONET

Des citations, quelques données et infos, des femmes qui écrivent, qui s’expriment, qui s’affichent, qui bousculent les conventions, qui montent au front de la santé, contre les discriminations, pour le féminisme, pour que la société change. Petite sélection à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Bonnes découvertes !

5 femmes contre la sérophobie

La parole des femmes vivant avec le VIH est (trop) rare. Saluons donc l’initiative du podcast Yesss, qui, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le VIH le 1er décembre dernier, a donné la parole à cinq femmes séropositives. Ces témoignages sont à découvrir dans l’épisode 29 intitulé Warriors contre la sérophobie. Ce podcast dédié aux « victoires de femmes ordinaires contre les injonctions et violences sexistes », consacre cet épisode spécial à la sérophobie, c’est-à-dire la peur à l’égard et/ou le rejet des personnes vivant avec le VIH. Ce rejet passe par des discriminations et des violences médicales, institutionnelles, communautaires ou professionnelles. « Je vis et je vieillis avec le VIH, et je le dis ouvertement », revendique Florence Thune, directrice générale de Sidaction, qui croit à la force du témoignage. Quatre autres femmes s’illustrent courageusement dans le même exercice, dont Giovanna Rincon, directrice de l’association Acceptess-T, Jessica, qui revient sur l’annonce de sa séropositivité par le médecin de famille devant sa mère, et Phindile, originaire d’Afrique du Sud, séropositive de naissance, qui raconte son parcours de combattante pour mener à bien sa grossesse en France. Cet épisode est réalisé par cinq femmes journalistes Anaïs Bourdet, Margaïd Quioc, Morgan Peyrot, Amélie Desvernay et Elsa Miské avec le soutien de l’association Sidaction.

@GwenFauchois

Sur sa bio Twitter, Gwen Fauchois se présente en ces mots : « Aktiviste lesbienne féministe ». Militante de longue date de la lutte contre le VIH/sida, Gwen Fauchois a été chargée de la communication et vice-présidente d’Act Up-Paris dans les années 90. Depuis 2012, elle participe à différents collectifs lesbiens et féministes. Elle tient également un blog où elle questionne l’actualité d’un point de vue minoritaire. Depuis le début de la crise sanitaire liée à la Covid-19, la militante est très active sur Twitter et ses coups de gueule sur la gestion de la crise par les pouvoirs publics sont repris en masse.

Lucie Hovhannessian

« Depuis que j’ai le virus, j’ai rarement rencontré des personnes malveillantes. Il n’y a que sur Internet que les commentaires peuvent être affreux. Au travail, on vient même me remercier pour mon livre, cela me touche. »
Interview de Lucie Hovhannessian, autrice de Presque comme les autres, ma vie de jeune séropositive (Robert Laffont, 2018), Le Monde, 1er décembre 2019.

Les damnées de la mer

Les femmes représentent 51 % des migrants-es internationaux-les en Europe et autour de 20 % des arrivées maritimes en Europe méridionale, rappelait récemment Mediapart (21 février), en marge d’une interview de la chercheuse Camille Schmoll. Elle a consacré huit années de recherche à la situation des femmes en migration en Méditerranée et vient d’y consacrer un ouvrage : Les damnées de la mer – femmes et frontières en Méditerranée (Éditions La Découverte, 2020). Interrogée par Mediapart, la chercheuse explique : « Avec Les Damnées de la mer, j’ai voulu restituer la place de ces femmes dans les migrations dites irrégulières, car on se les représente souvent comme des migrations essentiellement masculines. En 2009 déjà, lorsque j’ai commencé mon travail de terrain à Malte, il y avait déjà énormément de femmes. Cela s’inscrit dans un mouvement plus général de la féminisation du regard : depuis quelques dizaines d’années, des chercheuses se sont rendu compte de l’importance des femmes dans les migrations, qu’il s’agisse des flux de la traite ou des grandes migrations transcontinentales de la fin du XIXe et du début XXe. Elles étaient souvent majoritaires mais complètement effacées de l’histoire des migrations ». « Sont-elles davantage vulnérables durant le parcours migratoire ? » demande le site d’infos. « On sait qu’elles sont plus nombreuses au départ, et donc plus nombreuses à mourir en route. Il y a plusieurs raisons à cela, dont les violences sexuelles. Il y a une vulnérabilité spécifique aux femmes, et les organisations internationales les reconnaissent d’ailleurs comme une catégorie vulnérable, à l’instar des mineurs. Il est clair que les femmes risquent beaucoup plus que les hommes, même si aujourd’hui la situation est devenue tellement épouvantable que beaucoup d’hommes subissent des violences atroces, y compris sexuelles », explique Camille Schmoll.
Les damnées de la mer. Femmes et frontières en Méditerranées de Camille Schmoll. Éditions La découverte. 20 euros.

Parentalité et salaires à la traîne pour les femmes

Du mieux, certes, mais il reste tant à faire. Les pays progressent vers une plus grande égalité entre les sexes, mais les femmes du monde entier continuent de faire face à des lois et des réglementations qui limitent leurs opportunités économiques. C’est vrai en temps normal et cela prend plus d’importance aujourd’hui car la pandémie de Covid-19 a créé de nouvelles difficultés, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, dont les conclusions ont été publiées le 24 février. « Les réformes visant à éliminer les obstacles à l’inclusion économique des femmes ont été lentes et inégales dans de nombreuses régions » entre septembre 2019 et octobre 2020, a résumé l’institution en dévoilant la 7e édition de son rapport intitulé « Femmes, entreprises et législation en 2021 ». L’étude fait apparaître que depuis la précédente publication en 2019, il y a eu peu de changements dans l’ensemble puisque les femmes n’ont toujours en moyenne que les trois quarts des droits accordés aux hommes. Parmi les bons élèves, dix pays contre six précédemment (la Belgique, le Danemark, la France, la Lettonie, la Suède, et plus récemment le Canada, l’Islande, le Luxembourg et le Portugal) obtiennent le score parfait de 100, ce qui signifie que hommes et femmes ont des droits égaux dans les domaines mesurés par la Banque mondiale. La pandémie de Covid-19 a exacerbé les inégalités existantes qui désavantagent les filles et les femmes (obstacles pour aller à l’école et conserver un emploi, par exemple). Le rapport pointe aussi que les femmes sont également confrontées à une augmentation de la violence domestique.

Nous sommes tous des féministes

« Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. » Voici un extrait d’un des deux discours proposés dans cet ouvrage par l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie. Elle y porte une voix rare et puissante d’émancipation.
Nous sommes tous des féministes et Le danger de l’histoire unique de Chimamanda Ngozi Adichie. Traduit de l’anglais (Nigeria) par Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter. Collection Folio n°6798, 2 euros.

Amandine Gay alias @OrpheoNegra

Réalisatrice, comédienne, universitaire, conférencière et afroféministe, Amandine Gay est tout cela, et bien plus encore. Son premier film, Ouvrir la voix, sorti en salles en 2017, est un documentaire qui donne la parole aux femmes noires de France. La militante est également, depuis 2017,  à l’initiative du  « Mois des Adopté.e.s ». En novembre, en Suisse, en France, en Belgique et au Québec, le « Mois des Adopté.e.s » vise à rendre visible les personnes adoptées et politiser l’adoption dans le monde francophone. Suivre Amandine Gay sur Twitter ou Instagram, c’est aussi suivre ses combats et c’est souvent très inspirant.

Anne Bouferguène

« …J’ai écrit ce texte dans le but de contribuer à changer le regard sur le VIH – ce mal à dire – …et pour que ceux qui traversent une expérience comparable à la mienne, celle de la honte et du secret qui rongent l’âme, celle de la maladie qui sème inexorablement sa terreur, puissent s’y reconnaître et, pourquoi pas, y trouver quelque raison d’espérer. »
Extrait de l’ouvrage Un mal qui ne se dit pas de Anne Bouferguène aux Éditions Robert Laffont, 2011.

La Cause des femmes

« Le féminisme, c’est quoi ? Ça existe ? Aujourd’hui ça pourrait exister. Et pour quoi faire ? « Les femmes ont tout obtenu », répondent-ils, et même répondent-elles, quelquefois. Et pour quels résultats ? La solitude de fond de la féminité, et la déroute de nos mâles devant leurs égales ». Ces quelques mots sont de l’avocate et militante Gisèle Halimi. Ils sont extraits d’un des textes majeurs de l’autrice : La Cause des femmes. « Enfermée dans son rôle féminin, la femme ne mesure pas à quel point son oppresseur est lui-même prisonnier de son rôle viril. En se libérant, elle aide à la libération de l’homme. En participant à égalité à l’Histoire, elle la fait autre. Cela ressemble fort à une révolution tranquille, mais forte et sûre de l’avenir. Pourquoi le féminisme aujourd’hui ? Justement pour réussir là où l’égalité économique a échoué. Là où la culture patriarcale résiste. Le féminisme vient seulement de commencer sa longue marche. Dans vingt ans, dans cent ans, il aura changé la vie ». Ces mots ont été écrits en 1992. Ils conservent toute leur actualité comme cet ouvrage publié dans la collection Folio (Gallimard).
La Cause des femmes précédé de Le Temps des malentendus de Gisèle Halimi. Nouvelle édition revue, augmentée et annotée par l’autrice. Folio n°2334. 9,70 euros.

Lexie alias @aggressively_trans

Quand Lexie a lancé son compte Instagram en décembre 2018 pour raconter son vécu de femme trans, dénoncer la transphobie et expliquer le vocabulaire trans, elle était loin de s’imaginer tout ce que ce compte allait générer dans sa vie et celles des autres. Deux ans plus tard, Lexie est suivie par plus de 53 000 abonnés-es et ce travail de visibilité et de pédagogie a inspiré à la jeune activiste de 25 ans son premier livre intitulé Une histoire de genres, guide pour comprendre et défendre les transidentités, paru le 10 février chez Marabout.

Nouvelles questions de femmes

Depuis le début du XXIe siècle, la « médecine de la femme a fait des progrès spectaculaires, en cancérologie notamment », explique Anne de Kervasdoué, médecin gynécologue. Elle avance aussi que les attentes des femmes évoluent. « Elles veulent comprendre pour choisir elles-mêmes. Elles veulent maîtriser leur sexualité, comme leur fécondité, avoir des enfants si elles le veulent, quand elles le veulent, en oubliant parfois que leur horloge biologique tourne et échappe à leur volonté ». Forte de cette idée, l’autrice propose un ouvrage, fondé sur les connaissances les plus récentes et s’efforce de « corriger certaines fausses informations qui circulent ». L’ouvrage répond à toutes les questions sur la contraception, la sexualité, le cancer du sein, la cystite, la ménopause, le cancer du col de l’utérus ou les troubles comme l’endométriose. Le livre « concerne toutes les femmes de tous les âges et dans toutes les situations qui se présentent dans leur vie », explique l’autrice.
Nouvelles questions de femmes à paraitre le 28 avril 2021 aux éditions Odile Jacob.

Charline alias Orgasme et moi

Pour Charline, tout commence en février 2019 avec la création d’un compte Instagram dédié aux sexualités, toutes les sexualités. « Ma mission : permettre à chacun-e de s’informer via le partage d’expériences. Les mots-clefs qui permettent ce partage sont : respect, bienveillance, absence de jugement, écoute, communication, inclusivité, ouverture d’esprit », explique Charline sur son site. Très vite, l’audience du compte explose (383 000 abonnés-es en février 2021). Elle s’exprime et donne la parole à de nombreux-ses invités-es sur des thèmes comme le consentement, la masturbation féminine et masculine, la prévention, l’hygiène intime et le plaisir. Un compte d’utilité publique.

Françoise Giroud

« Si le sida ne s’attrapait qu’à travers des seringues, il n’intéresserait personne »
Françoise Giroud, journaliste et ancienne ministre des Droits des femmes, dans Gais-z-et-contents. Journal d’une Parisienne, tome 3. Éditions du Seuil, 1998.

Barbara Butch fait « la Belle »

Icône LGBTQ+ et body positive, Barbara Butch collabore avec Jean Paul Gaultier pour le parfum « La Belle », rappelle Les Inrocks (15 février). L’hebdo culturel a voulu rencontrer cette « DJ, militante féministe pour les droits queer et pour l’inclusivité de tous les corps », à l’occasion du lancement de cette campagne « qui lui permet de porter haut son combat pour les corps invisibilisés ». Interrogée sur cette campagne, Barbara Butch explique : « L’expérience de faire des photos pour cette maison, pour ce créateur si mythique a été incroyable. Je suis fan de son travail depuis longtemps. Je me bats tellement pour la représentation de tous les corps dans les milieux où on ne s’attend pas à nous voir, dont la mode bien évidemment, c’était donc un moment très fort (…) Quand j’ai fait les photos, je n’ai pas mesuré l’impact que ça allait avoir, je les ai faites pour mon ado intérieure, pour lui dire : « Tu vois, tout est possible, c’est pas parce que tu es grosse que tu peux pas te retrouver dans une campagne publicitaire ». En fait, tout est accessible. C’est une manière pour moi également de n’être pas seulement reconnue pour mon corps, mais aussi pour mes engagements. C’est formidable que mon militantisme ne fasse pas peur aux grandes marques ».

Cybèle Lespérance alias @elleestcybele

Sur son compte Twitter de plus 4 500 abonnés-es, Cybèle se présente comme « travailleuse du sexe, accompagnante sexuelle, escort et féministe ». À travers ses tweets, mais aussi des vidéos sur sa page YouTube, Cybèle sensibilise ses abonnés-es aux questions relatives aux droits des travailleurs-ses du sexe et explique aussi ce qu’est l’accompagnement sexuel : « le rôle de l’accompagnement sexuel, c’est lui permettre d’avancer dans son processus d’apprentissage ou d’exploration de la sexualité, avec ses essais et ses erreurs. C’est un espace de recherche, de découverte, d’acquisition d’expérience et de cartographie de son corps pour apprivoiser ses sensations et ses possibilités ! » Cybèle est aussi secrétaire générale du Strass (syndicat du travail sexuel) et milite, entre autres, contre la loi de pénalisation des clients de travailleurs-ses du sexe.

Des protections périodiques gratuites pour les étudiantes

Les protections périodiques seront gratuites à la rentrée prochaine pour toutes les étudiantes, a annoncé mardi 23 février la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Une décision qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la précarité des jeunes. Dans les prochaines semaines, les résidences universitaires des Crous et les services de santé universitaires seront équipés en distributeurs de protections hygiéniques, a annoncé Frédérique Vidal lors d’une rencontre à Poitiers avec des étudiants. « On vise 1 500 distributeurs et une gratuité complète à la rentrée », a-t-elle ajouté. Un objectif « ambitieux » mais réaliste, selon la ministre, pour une mesure « pérenne » dont le coût est estimé autour de 15 millions par an.

Féminisme et philosophie

Du sérieux, de l’érudit pour cet ouvrage de Geneviève Fraisse. Sartre écrit, dans Plaidoyer pour les intellectuels, que l’intellectuel est celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, quand Beauvoir – à l’évidence – se mêle de ce qui la regarde, dans ses livres Le Deuxième SexeLa Vieillesse. La question sexe/genre s’impose désormais comme problème théorique, mais l’objet de pensée échappe encore à la sérénité académique, comme à la légitimité scientifique. Alors étudiante, Geneviève Fraisse a compris que la philosophie était le bastion le plus solide, parce que le plus symbolique, de la prérogative masculine. Alors il fallait chercher les mots possibles de l’émancipation féministe, de la démocratie exclusive au consentement par exemple, pour leur donner une consistance conceptuelle et les colporter sur les chemins de l’universel. L’histoire est un bon matériau, les textes anciens comme l’actualité récente, voire les événements tel Metoo. Car il faut s’introduire dans la tradition pour mieux la subvertir. Voilà le projet de cet essai ambitieux sur féminisme et philosophie.
Féminisme et philosophie de Geneviève Fraisse. Collection Folio Essais n°655. Inédit. 8,10 euros.

=> Pour lire la suite de l’article, se rendre sur : Seronet

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