Vieillir avec

Santé affective et sexuelle

La santé sexuelle en vieillissant

Il n’y a pas d’âge pour avoir une vie affective et sexuelle épanouie ! Parce qu’on vieillit en meilleure santé, plus longtemps, et aussi parce que des traitements permettent maintenant de régler certains problèmes spécifiques. Votre santé sexuelle est fragile, désir et plaisir étant malmenés par nos vies parfois stressantes et pas toujours très saines. Il est important de faire la part des choses entre des difficultés liées au trajet de vie (âge, orientation sexuelle, situation familiale, etc.) et celles liées au VIH. La santé sexuelle fait partie de votre santé globale, et il est important d’en parler quand vous pensez qu’elle n’est pas satisfaisante. Il y a paradoxalement peu d’études sur l’impact du VIH et de ses traitements sur la santé sexuelle. Les troubles répertoriés connaissent des proportions très variables selon le sexe des personnes. Quelle que soit votre orientation sexuelle (homo, bi, hétéro, indéfini, pansexuel, etc.) ou votre identité de genre. Le VIH peut avoir, à un moment ou à un autre, un effet sur votre désir sexuel et/ou votre libido. Obtenir le soutien des partenaires, des amis, des soignants ou des associations peut vous aider à surmonter vos difficultés.

N’oubliez pas qu’une personne vivant avec le VIH ne transmet plus le virus à ses partenaires. Quand elle suit un traitement antirétroviral efficace, qui lui permet de maintenir sa charge virale à un niveau indétectable. C’est ce qu’on appelle le TasP, acronyme anglais qui signifie « treatment as prevention » et qu’on peut traduire par « le traitement comme moyen de prévention ».

Genre et santé sexuelle

Les femmes sont le plus souvent touchées par l’absence de désir, plaisir ou orgasme, la sécheresse vaginale et l’existence de douleurs. Ces troubles peuvent être accentués par la ménopause. Quand elles vivent avec le VIH, les femmes peuvent voir leurs règles perturbées, sans pour autant être ménopausées. Elles peuvent aussi connaître la ménopause plus précocement que les femmes séronégatives. La période de la périménopause est une période à risque en général, en particulier pour les femmes séropositives. Elles ont en effet un risque plus important de syndrome métabolique et/ou d’événements cardio-vasculaires. En outre, si le traitement hormonal substitutif (THS) n’est pas contre-indiqué chez les femmes séropositives, il est à prendre avec précaution. Mieux vaut en parler à son médecin pour éviter également les interactions médicamenteuses.

Les hommes sont principalement touchés par les troubles de l’érection, de la libido et de l’éjaculation. Les troubles de l’érection semblent accentués chez les hommes vivant avec le VIH. Mais on ne sait pas qui, du traitement, du VIH ou d’autres facteurs physiques et psychologiques, agit en priorité sur ces mécanismes. Des médicaments existent mais doivent être pris avec prudence et en concertation avec son médecin, à cause du risque d’interaction avec les antirétroviraux. Les difficultés rencontrées sont souvent dues à une combinaison de facteurs, à la fois physiques et psychologiques. Parlez-en à des proches, des professionnels (sexologue) ou toute autre personne à qui vous pourrez en parler en toute confiance.

Enfin, les personnes trans vivant avec le VIH nécessitent une attention particulière. Il est important de s’adresser à des professionnels de santé qui connaissent les spécificités de leur prise en charge. Certaines associations (voir à la page « Partenaires ») ont noué des relations privilégiées avec des professionnels de santé compétents. La prise d’hormones peut avoir une influence au niveau cardiaque ou endocrinologique, ainsi que sur le vieillissement en général. Cela peut aussi provoquer des interactions avec les antirétroviraux. Assurez-vous d’être correctement suivi.

Avoir une sexualité épanouie (c’est-à-dire agréable, tout simplement) avec (ou sans) le VIH reste une très bonne chose pour la santé mentale et physique. Quelle que soit votre orientation sexuelle, amusez-vous, consultez si nécessaire, parlez-en autour de vous, et n’oubliez pas de vous faire dépister régulièrement pour les IST.