Source: seronet.info

Juin 2022, une maison dans un quartier résidentiel de la banlieue de Lyon. Andréa nous accueille chez elle dans son intimité familiale, entourée de son mari et de ses trois enfants. La jeune femme franco-ivoirienne a soigné son look et son arrivée en descendant les escaliers qui mènent au salon, dans sa superbe robe rouge. « Est-ce que ça va mes cheveux ? » nous demande-t-elle. À 30 ans, Andréa est devenue l’une des figures les plus visibles de la lutte contre la sérophobie, que ce soit en Côte d’Ivoire ou en France. Rencontre.

Quelles étaient vos connaissances et représentations du VIH avant d’être vous-même concernée ?

Andréa : Je connaissais les modes de transmissions, mais j’ignorais tout des traitements ou encore de la différence entre VIH et sida. En tant que jeune femme avec un accès à l’éducation et issue d’un milieu social confortable, je ne me sentais pas concernée par le VIH. Pour moi, c’était une maladie qui concernait principalement les usagers de drogue, les travailleuses du sexe, les personnes plus âgées ou la communauté gay.

Dans quelles circonstances avez-vous découvert votre séropositivité au VIH ?

En 2014, j’avais 22 ans et je venais de rencontrer un garçon avec qui les choses devenaient sérieuses. J’ai fait un dépistage VIH pour qu’on puisse arrêter le préservatif. C’était le premier dépistage de ma vie et je ne m’attendais pas du tout à un résultat positif. Ma mère et ma sœur jumelle savaient que j’allais chercher les résultats ce jour-là. En rentrant à la maison, j’ai fondu en larmes et elles ont compris direct. J’ai été dépistée en stade avancé de l’infection avec moins de 200 CD4/mm3 et une charge virale à plus d’un million de copies ; ce qui veut dire que j’étais sans doute infectée par le VIH depuis un bon moment. Ma famille m’a soutenue et, au départ, mon copain aussi. Mais je sentais bien qu’il avait peur que je lui transmette le VIH. Un jour, il a vu que ma brosse à dent était juste à côté de la sienne et il s’est mis très en colère. Il a fini par me quitter.

Qu’est-ce que le VIH a changé dans votre vie ?

Je dirais que la première année, j’ai perdu une forme d’insouciance et d’innocence. Je sortais moins. Je me suis renfermée sur moi-même et je me suis réfugiée dans la prière. Il y avait un fort sentiment de honte et de culpabilité en moi. J’ai connu aussi des effets indésirables dus aux traitements, comme une fatigue chronique, une prise de poids, une perte de mémoire ou une baisse de libido. Et puis en 2015, quelques jours après ma rupture amoureuse, j’ai rencontré Nicolas qui est devenu mon mari et le père de mes enfants. C’est son amour qui m’a sauvée et redonné confiance en moi. Nicolas était déjà informé et n’avait pas de crainte particulière liée au VIH.

Comment est venu votre projet de parentalité ?

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