troisième dose
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Source : SERONET

La campagne de rappel de vaccination anti-Covid-19, dite de troisième dose, a été lancée le 1er septembre dernier en France auprès des personnes les plus âgées et les plus vulnérables, afin de compenser la baisse d’efficacité des vaccins après plusieurs mois. Quid des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ? Quelle est leur réponse immunitaire suite à la vaccination Covid-19 ? Seronet fait le point.

Combien de CD4 ?

Premier élément important, il a deux types de vaccination à distinguer : la troisième dose et le rappel vaccinal. Dans le premier cas, il s’agit de donner un booster pour les personnes immunodéprimées, chez qui on suspecte que la vaccination n’a pas été assez efficace. Dans le deuxième cas, il s’agit d’un rappel pour toute la population, six mois au moins après la fin de la première séquence de vaccination. Les personnes vivant avec le VIH font-elles partie des personnes dites vulnérables ? D’après la Haute autorité de santé (HAS), les recommandations pour le booster ne concernent pas les PVVIH au-delà des personnes définies comme particulièrement vulnérables comme les personnes âgées et les populations à risque de formes graves (par exemple, en cas de comorbidités). La liste des personnes concernées est disponible sur le site de la HAS. En réalité, cela dépend du niveau des CD4, explique le Dr Pascal Pugliese, médecin infectiologue et président de la Société française de lutte contre le sida.

Interrogé par Seronet, le président de la SFLS donne la position de la société savante : « Nous recommandons que les PVVIH avec une altération immunitaire (CD4 inférieurs à 200 CD4/ml) puissent bénéficier d’une troisième dose et que toute PVVIH puisse bénéficier d’une troisième dose selon les recommandations actuelles, c’est-à-dire les personnes âgées de plus de 65 ans ou atteintes de comorbidités pouvant augmenter le risque de formes graves », explique Pascal Pugliese. Et le président de la SFLS d’ajouter : « Cette troisième dose doit être proposée après un délai de six mois suivant la primo vaccination complète. Elle peut être associée à la vaccination antigrippale (…). Même si la vaccination diminue considérablement le risque de formes graves, celle-ci ne prévient pas l’acquisition du Sars Cov2 puisque l’immunité acquise par la vaccination diminue au cours du temps. Comme en population générale, l’ensemble des PVVIH sera amené à bénéficier d’une troisième dose dans les prochains mois ». Une recommandation similaire à plusieurs pays, dont le Royaume-Uni qui préconise une troisième dose de vaccin chez les PVVIH avec un taux de CD4 inférieur à 200 CD4/ml et/ou les signes d’une immunosuppression et/ou une charge virale détectable. Aux États-Unis, le Centre contrôle des maladies (CDC) recommande une dose booster chez les personnes à un stade avance de l’infection à VIH et/ou qui ne sont pas sous traitement.

Quelle réponse immunitaire ?

Une étude canadienne récente publiée sur le site d’infos aidsmap apporte des données rassurantes. Dans cette étude menée par la Dre Zabrina Brumme de l’Université Simon Fraser à Vancouver, des chercheurs-es ont comparé deux groupes de personnes qui avaient reçu les deux doses de vaccin. Un groupe de 100 personnes séropositives au VIH et un autre de 152 personnes séronégatives. Les résultats montrent que les personnes vivant avec le VIH sous traitement efficace (charge virale indétectable et CD4 élevés) avaient un taux d’anticorps similaire aux personnes séronégatives et dans la plupart des cas n’ont pas besoin de la troisième dose booster. À noter que la réponse immunitaire chez les PVVIH était légèrement moins bonne chez celles qui avaient reçu deux doses du vaccin Astra Zeneca en comparaison avec les autres vaccins. Le niveau d’anticorps était également plus bas chez les PVVIH âgées et/ou avec des comorbidités. Dans cette étude, toutes les PVVIH avaient une charge virale indétectable et le taux moyen de CD4 était de 710 avec aucune personne en dessous du seuil de CD4 inférieur à 200 CD4/ml. Une autre étude a comparé deux groupes de personnes qui ont reçu deux doses des vaccins Moderna et Pfizer (vaccins à ARN messager ou ARNm). Un groupe de 100 personnes séropositives et un autre de 100 personnes séronégatives. Il ressort de cette analyse que les personnes avec une charge virale détectable et un taux de CD4 bas avaient un niveau d’anticorps plus faible que les autres. Les chercheurs-es ont également constaté une moins bonne réponse immunitaire parmi les PVVIH qui avaient reçu le vaccin Pfizer comparativement aux PVVIH qui ont reçu le vaccin Moderna.

En résumé, pas besoin d’une troisième dose booster si vous êtes sous traitement VIH efficace (charge virale indétectable et CD4 stables et supérieurs à 200 CD4/ml) et que vous ne faites pas partie des groupes exposés à une forme sévère de la Covid-19 (âge ou comorbidités). Comme le reste de la population, les PVVIH pourront bénéficier d’un rappel vaccinal dans les mois à venir. La dose de rappel doit être administrée dans un délai de six mois minimum après la complétude du schéma vaccinal initial. Bien que seul le vaccin Pfizer-BioNTech dispose aujourd’hui de l’AMM (autorisation de mise sur le marché) pour la dose de rappel, la HAS précise que, dans la mesure où les rappels ont débuté avec les deux vaccins à ARNm, au vu des données disponibles, la campagne de rappel peut continuer à s’effectuer avec les deux vaccins à ARNm actuellement disponibles (Pfizer-BioNTech et Moderna), qui peuvent être utilisés indifféremment, quel que soit le vaccin qui a été utilisé pour la primovaccination (Comirnaty, SpikeVax, Astra Zeneca), conformément à l’avis de la HAS du 23 août 2021. À noter que la campagne vaccinale annuelle contre la grippe a démarré en France plus tôt que prévu.

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