Mesurer l’impact du VIH et/ou du traitement sur l’organisme et diagnostiquer des complications

(Ce contenu est extrait de la brochure Vos bilans biologiques : l’essentiel à comprendre quand on est séropositif/ve)

II.Mesurer l’impact du VIH et/ou du traitement sur l’organisme et diagnostiquer des complications :
(À partir de prises de sang)
Bilan hématologique :
la numération formule sanguine (NFS) et la mesure des plaquettes permettent d’évaluer les différents composants du sang :
> les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Ces cellules sont fabriquées en permanence par la moelle osseuse et meurent au bout d’un certain temps. Une infection ou un médicament peut détruire les cellules qui circulent ou empêcher qu’elles soient fabriquées au niveau de la moelle, provoquant alors des anémies ou des problèmes de déficit immunitaire.
Bilan rénal :
Les reins filtrent le sang pour en retenir certaines molécules qui sont éliminées dans l’urine avec de l’eau. Surtout, tous les médicaments sont soit éliminés par les reins, soit par le foie ou les deux.
Ainsi la prise d’un traitement antirétroviral va normalement solliciter le foie ou les reins.
Le bilan rénal permet de surveiller le fonctionnement des reins à partir de deux mesures :
> le taux d’urée sanguine, qui est le résidu de la dégradation normale des protéines éliminées par les reins,
> la créatinine, qui est la concentration des résidus de la dégradation normale des cellules musculaires. En pratique, les analyses biologiques calculent la clairance de créatinine.
Bilan hépatique :
Le foie permet de nombreuses transformations biochimiques indispensables pour vivre, mais aussi d’éliminer certains médicaments. On peut contrôler l’état du foie en dosant la quantité d’enzymes qu’il libère dans le sang :
> les transaminases ASAT et ALAT sont des enzymes libérées par le foie et qui correspondent au renouvellement normal des cellules du foie,
> les gamma-GT sont des enzymes qui permettent de protéger le foie des substances toxiques,
> les phosphatases alcalines sont aussi des enzymes libérées par le foie dont la concentration dans le sang va augmenter en cas de lésion de divers organes (foie, intestin, os),
> le fonctionnement des voies biliaires est contrôlé à partir de la concentration de la bilirubine libre, la bilirubine conjuguée et la bilirubine totale. Certains traitements peuvent en augmenter la
concentration dans le sang : la bilirubine est un pigment jaune rougeâtre dont l’accumulation provoque une jaunisse.
Bilan pancréatique :
Le pancréas est une glande située derrière l’estomac, qui sécrète des enzymes pour être déversées dans l’estomac, afin de permettre la digestion des aliments.
Lors d’un bilan pancréatique, deux enzymes sont mesurées :
> l’amylase, qui dissout les sucres,
> la lipase, qui dissout les graisses.
Bilan glucidique :
C’est la mesure de la glycémie, c’est-à-dire le niveau de sucre dans le sang. La glycémie est également régulée à partir du pancréas qui sécrète deux hormones intervenant dans la fonction glycémique :
> l’insuline, hormone sécrétée au moment du repas, permet de stocker les sucres et les graisses afin qu’ils ne se déversent pas tous immédiatement dans le sang, évitant ainsi une hyperglycémie,
> le glucagon, hormone sécrétée entre deux repas, permet la libération des sucres et des graisses dans le sang, évitant ainsi une hypoglycémie (baisse de la glycémie), régulant la glycémie (taux de
sucre dans le sang mesuré lors du bilan glycémique). Une hyperglycémie comme une hypoglycémie permanentes sont le signe d’un diabète qui peut provoquer des malaises, allant jusqu’au coma.
Bilan lipidique :
Il évalue le taux de graisses (lipides) dans votre sang (g/L).
Il comprend deux mesures : > le cholestérol, > les triglycérides.
Au travers des analyses, on mesure le taux de triglycérides, le cholestérol total, le LDL cholestérol (appelé « mauvais cholestérol ») et le HDL cholestérol (appelé « bon cholestérol »). C’est le LDL cholestérol qui entraîne la formation de plaques de graisse dans les vaisseaux sanguins, appelées athéroscléroses et qui entraînent des complications cardiovasculaires.
Bilan osseux :
il s’agit de s’assurer que votre tissu osseux est en bon état, c’est-à-dire qu’il présente une minéralisation suffisante et que votre organisme est capable d’absorber le calcium qui ira se fixer sur les os et
les solidifier.
Votre médecin évaluera avec vous les facteurs de risques de déminéralisation – tabac, alcool, activité physique insuffisante- et vous prescrira les examens nécessaires.

Lire la suite – Rechercher d’autres infections sexuellement transmissibles

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